
Le service statistique Immigration-Intégration (SSMII), relevant du ministère de l’intérieur français, estime le total de la population immigrée en France à 7,7 millions de personnes, au 1er janvier 2024, soit 400.000 de plus qu’en 2023. Il dévoile aussi la place de l’Algérie.
Ce qui équivaut à 11,3 % de la population totale de la France. Cette structure porte le nombre d’étrangers résidant en France à 6 millions (soit 8,8 % de la population totale).
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Parmi ces étrangers, détaille ce service dans une récente publication, 5,1 millions sont immigrés, c’est-à-dire nés à l’étranger (de nationalité étrangère).
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« Les autres sont nés en France, très majoritairement mineurs et pourront devenir Français à leur majorité. La population immigrée comprend aussi 2,6 millions de résidents français, nés étrangers à l’étranger et ayant obtenu la nationalité française », affirme le SSMII.
Les principaux pays d’origine des immigrés sont à 46 % africains, à 35 % européens et à 13 % asiatique . « Les trois origines les plus représentées parmi les immigrés en France métropolitaine sont l’Algérie, le Maroc et le Portugal. L’immigration algérienne est historique, liée au passé colonial puis post-colonial », indique ce service.
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Les premiers titres de séjour délivrés en 2024 ont légèrement augmenté à 3.43.024 soit plus de 0,9 % par rapport à 2023, principalement pour motifs étudiants avec 110.633 titres octroyés avec une hausse notable pour le motif humanitaire de plus 13,4 %, alors que l’asile a baissé de 5,7% à 129.909.
12 % des actifs sont immigrés
En 2024, 5,3 millions d’immigrés âgés de 15 à 64 ans vivent en France et plus de 3,7 millions sont actifs sur le marché du travail. « Ces derniers représentent 12 % de la population active en France, c’est-à-dire des personnes en emploi ou au chômage », précise le SSMII. L’analyse publiée par cette direction indique que 71 % des immigrés sont actifs en 2024, contre 75 % des non-immigrés.
« Le taux d’activité des hommes immigrés atteint 80 % soit 17 points de plus que celui des femmes. Les migrants originaires de pays de l’Union Européenne (UE) sont ceux le plus souvent actifs (74 %, soit 4 points de plus que pour les autres immigrés, hors UE). Pour les immigrés comme pour les natifs, ces taux d’activité ont augmenté d’environ 3 points au cours des 10 dernières années », relève encore le SSMII.
En 2024, 29 % des immigrés sont inactifs soit 4 points de plus que les natifs. En particulier ceux originaires du Maghreb : 33 % de ceux en âge de travailler sont inactifs, soit 7 points de plus que les immigrés originaires de l’UE, est-il mentionné dans la publication.
Le taux de chômage des immigrés supérieur à celui des non-immigrés
Au sein des actifs, le taux de chômage des immigrés s’établit à 12 %, contre 7 % pour les non-immigrés. Le taux de chômage des ressortissants d’un pays tiers à l’UE est 5 points supérieur à celui des immigrés européens.
Ce chiffre reste également deux fois supérieur à celui des natifs. Sur la période de 2014 à 2024, le taux de chômage des immigrés a diminué d’environ 6 points et celui des natifs de 3 points, affirme le rapport de la direction de l’immigration du ministère de l’Intérieur français.
En France, environ 62 % des immigrés en âge de travailler occupent un emploi contre 70 % des natifs. Les immigrés originaires de l’Union Européenne sont presque aussi souvent en emploi que les personnes nées en France. Pour les immigrés hors UE, cette part est de 9 points inférieure aux natifs.
Parmi les actifs occupés, 69 % des immigrés ont un contrat à durée indéterminée (CDI) ou un poste de fonctionnaire, contre 74 % pour les natifs. Les immigrés occupent le plus souvent un poste en contrat à durée déterminée (CDD) ou en intérim.
329.146 étudiants étrangers inscrits dans l’enseignement supérieur français
Pour l’année universitaire 2024/2025, 329 146 étudiants étrangers en mobilité internationale se sont inscrits dans l’enseignement supérieur français. L’augmentation est similaire (2,9 %) à celle relevée sur l’année universitaire 2023-2024.
Ces étudiants étrangers viennent en France spécifiquement y poursuivre leurs études après une scolarité dans leur pays d’origine. Ils représentent 11,7 % des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur français. Parmi eux, 64 % suivent un cursus à l’université, soit 210 701 élèves.
En 2024-2025, plus de la moitié des étudiants étrangers en mobilité internationale à l’université sont originaires du continent africain (54,3 %), 18,6 % d’Europe (dont près de huit sur dix de l’Union européenne) et 19,5 % d’Asie.
Les étudiants étrangers asiatiques sont plus fréquemment en doctorat (14.6 % contre 8,9 % pour l’ensemble des étudiants étrangers), et les Africains en master (49,3 % contre 45,1 %). Parmi les étudiants en master, un sur trois est maghrébin.
Les étudiants étrangers en mobilité internationale sont plus souvent originaires du Maroc, d’Algérie et de Chine. Si les étudiants originaires de Chine privilégient des études en écoles (commerce, ingénieur…) ceux originaires d’Algérie, deuxième pays d’origine, sont inscrits à l’université dans près de neuf cas sur dix.
Plus de 4 millions de ressortissants de pays tiers détenteurs d’un permis de séjour
Le nombre de titres en cours de validité et de documents provisoires de séjour détenus par des ressortissants de pays tiers a augmenté en 2024 de 3,9 % par rapport à 2023, confirmant la tendance constatée ces dernières années.
Au 31 décembre 2024, 4 526 434 ressortissants tous pays confondus sont détenteurs d’un permis de séjour. La très grande majorité des titres de séjour et documents provisoires en cours de validité est détenue par des ressortissants des pays tiers (95,7 %).
Près de 4 titres et autorisations provisoires de séjour en cours de validité sur 10 concernent les ressortissants des pays du Maghreb. Quatre titres sur dix détenus par des Algériens ou des Tunisiens ont été délivrés pour motif familial.
Sur l’ensemble des permis de séjour détenus par des ressortissants de pays tiers 57,3 % ont une durée d’au moins 10 ans, et 11,2 % ont une durée de validité annuelle voire infra-annuelle
L’immigration étudiante, même si elle se stabilise, représente pour la troisième année consécutive la plus grande part du flux migratoire, devant l’immigration familiale qui diminue cette année (- 2,2 %). Les motifs professionnels sont aussi en baisse (- 0,7 %).
Les ressortissants marocains restent les plus nombreux parmi les nouveaux titulaires de titres de séjour. La délivrance de nouveaux titres de séjour à des ressortissants algériens ou sénégalais connaît une diminution importante (respectivement – 8,5 % et -11 %). Parmi les dix premières nationalités ayant bénéficié de délivrance de premiers titres de séjour, le Maroc occupe la première place avec 36.800 titres suivi de l’Algérie avec 29.200 (-8,5 %).