
Veuillez vous abonner ou vous connecter avec votre compte Google pour lire cet article.
Le modèle algérien de rationalisation des importations fait des émules. La Tunisie voisine s’est mise elle aussi à une politique qui priorise les importations de produits nécessaires aux besoins quotidiens de la population, aux projets publics et à la production industrielle.
Comme en Algérie, l’objectif est, entre autres, de préserver les réserves de change du pays.
A lire aussi : Jamel Debbouze : son restaurant à Paris épinglé pour vente de vins israéliens
La mesure a été annoncée jeudi 26 mars par la Banque centrale de Tunisie (BCT) et prend effet “immédiatement”. Elle dispose que les importateurs de marchandises non prioritaires se doivent de financer intégralement leurs achats sur leurs fonds propres, sans possibilité de crédit ou d’avance bancaire.
A lire aussi : Le Sahara occidental au Ticad 2025 : nouveau revers pour le Maroc
La nouvelle disposition inclut une large gamme de produits, allant des produits alimentaires « non essentiels », comme les fruits exotiques et les fruits secs, aux véhicules de tourisme, en passant par les appareils électroménagers, les téléviseurs, les équipements de climatisation, les cosmétiques et accessoires de mode, les vêtements, les boissons alcoolisées, les objets de décoration et produits lifestyle…
Jusque-là, souligne le site espacemanager.com, les importateurs pouvaient, pour financer leurs opérations, s’appuyer sur des instruments bancaires classiques comme les crédits documentaires, les garanties ou les avances.
A lire aussi : Gaza : l’ONU déclare officiellement l’état de famine et accuse Israël
Désormais, le financement des opérations d’importation des produits non essentiels devra se faire à 100 % sur les fonds propres de chaque opérateur.
Comme l’Algérie, la Tunisie se met à la priorisation de ses importations
Avant l’opération d’importation, l’importateur devra prouver qu’il dispose de la totalité du montant nécessaire sur ses propres comptes.
La mesure exclut les importations nécessaires aux marchés publics de l’État ou des entreprises publiques, ainsi que celles destinées à la production industrielle.
Dans sa note, la BCT a exhorté les banques et institutions financières à contrôler strictement les opérations et de s’assurer que les importations respectent les nouvelles règles.
“Cette décision intervient alors que la Tunisie cherche à préserver ses réserves de change, particulièrement fragiles face à un contexte économique international incertain et à un déficit commercial toujours important”, explique le journal La Presse.
Une « orientation économique claire«
Pour espacemanager.com, une “orientation économique claire” se dessine derrière cette mesure technique : “Freiner les sorties de devises et réorienter les flux vers les besoins jugés essentiels”.
La Banque centrale a indiqué que l’objectif derrière la mesure est de rationaliser les dépenses en devises et de renforcer la stabilité économique, tout en maintenant l’importation des produits indispensables à la production et aux services publics.
La disposition risque toutefois de compliquer la trésorerie des opérateurs et d’entraîner un réajustement de leurs chaînes d’approvisionnement, note La Presse.
Fin février 2026, les avoirs nets en devises de la Tunisie s’élevaient à 25,3 milliards de dinars tunisiens, soit 8,6 milliards de dollars (107 jours d’importation), contre 23 milliards (101 jours) au 24 février 2025.
En 2024, la Tunisie a importé pour 27 milliards de dollars (81 milliards de dinars tunisiens) en hausse de 2,3 % par rapport à 2023 pour 62 milliards de dinars tunisiens d’exportations (21 milliards de dollars).