Société

Incendie du siège de la daïra de Tinerkouk : ce qui s’est passé

Le siège de la daïra de Tinerkouk, dans la wilaya d’Adrar, a pris feu ce mardi 14 mai, incendié par des citoyens, rapportent de nombreuses sources, dont l’agence officielle et des pages sur les réseaux sociaux.

À l’origine, la montée au créneau des jeunes chômeurs de la localité pour réclamer des postes de travail dans les entreprises pétrolières installées dans la région. Après environ un mois de protestation, les choses ont fini par dégénérer en ce neuvième jour de ramadhan.

Depuis un mois, les jeunes observaient un sit-in devant une entreprise pétrolière entraînant une quasi-paralysie de ses activités, selon une source sécuritaire citée par l’APS. Cet état de fait a donné lieu à la réquisition par les autorités locales de la force publique (gendarmerie) pour rouvrir l’accès à l’entreprise et éloigner les protestataires qui ont, dès lors, porté leur action de protestation à l’intérieur du tissu urbain de la ville, a ajouté la même source. Les jeunes protestataires ont emmuré les accès des sièges de la commune et de la daïra, avant que ne soit, là aussi, réquisitionnée la force publique (police) pour les rouvrir au public.

Selon la même source, cela a déclenché une vague de colère des jeunes qui se sont heurtés aux forces de l’ordre avant d’accéder au siège de la daïra, d’y déclencher un incendie, de voler des équipements de bureau et de saccager du matériel entreposé au parc de la daïra d’où se dégageaient des colonnes de fumées visibles des alentours de l’édifice.

L’intervention des éléments de la sûreté nationale a permis d’évacuer le chef de daïra et des membres de sa famille, et de préserver leur intégrité physique, alors que leur logement a été assailli par les protestataires. Il y aurait 20 blessés légers et quatre autres graves dans les rangs de la police.

La page Facebook Wikileaks Adrar parle elle de blessés parmi les manifestants, dont un qui aurait eu un œil crevé. La page impute la responsabilité de ce qui s’est passé aux autorités locales. Elle parle d’ « attaques aveugles contre des citoyens non armés ». Les jeunes ont réclamé pacifiquement, pendant un mois, leur droit au travail, au logement et au développement local.

Selon cette source, c’est le chef de daïra de Tinerkouk qui a ordonné d’arrêter les protestataires, ce qui a donné lieu à d’autres manifestations pour la libération des personnes interpellées. Ces dernières ont été libérées mais les services de sécurité ont de nouveau chargé les manifestants qui se sont alors attaqués au siège de la daïra.

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