
L’Office national des statistiques (ONS) a publié une enquête d’opinion réalisée auprès des patrons sur les principales tendances des entreprises industrielles en Algérie au deuxième trimestre 2025.
Les résultats montrent une dynamique industrielle contrariée par des problèmes structurels et une dépendance aux importations des matières premières.
A lire aussi : Air Algérie casse les prix avec une nouvelle promotion
A lire aussi : Algérie : la galère des importateurs de véhicules
Le sondage couvre plusieurs domaines non traités par les enquêtes traditionnelles, comme la demande et la distribution, la main-d’œuvre, la trésorerie et l’équipement, souligne l’ONS.
Problème des matières premières
A la question relative à l’activité, les chefs d’entreprises interrogés ont répondu que l’activité industrielle a augmenté au deuxième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent, avec une hausse plus prononcée dans le privé.
A lire aussi : La France s’intéresse à la pomme de terre algérienne
Les capacités de production ont été utilisées à 75% dans la plupart des secteurs, tandis que le niveau d’approvisionnement en matières premières est inférieur à la demande exprimée, ont répondu 7% des patrons du public et 30% de ceux du privé. Ce manque d’approvisionnement a engendré à 6% des entreprises des ruptures de stocks allant jusqu’à 29 jours.
Algérie : 13% des entreprises touchées par des coupures d’électricité
En outre, près de 13 % des entreprises des deux secteurs ont connu des pannes d’électricité ayant engendré des arrêts de travail inférieurs à 6 jours.
S’agissant de l’approvisionnement en eau, l’ensemble des chefs d’entreprise se sont déclarés satisfaits.
Autre enseignement de l’enquête, la demande sur les produits fabriqués a continué d’augmenter grâce à la stabilité des prix de vente. L’ensemble des patrons sondés ont fait savoir qu’ils ont satisfait toutes les commandes reçues et il leur subsiste même des stocks.
Difficultés de trouver de la main-d’œuvre qualifiée
Les effectifs des entreprises industrielles algériennes ont augmenté durant le deuxième trimestre 2025, le niveau de qualification du personnel est jugé suffisant, mais 18% des patrons du public et plus de 22% de ceux du secteur privé ont indiqué qu’ils trouvaient des difficultés à recruter une main d’œuvre qualifiée.
Interrogés sur l’état de leur trésorerie, 20% des sondés du secteur public et 28% du privé l’ont jugé bon, et les autres l’ont jugé “normal”.
Les chefs d’entreprises ont souligné que l’allongement des délais de recouvrement des créances, les charges d’exploitation élevées et le remboursement des emprunts influent sur l’état de leur trésorerie.
Sept pour cent d’entre eux ont déclaré qu’ils ont recouru à des crédits bancaires et n’ont pas eu de difficultés à les obtenir.
L’enquête de l’ONS a aussi traité le volet “équipements”, faisant ressortir une vétusté qui a causé des pannes à une partie des entreprises.
La vétusté des équipements et leur surutilisation a causé des pannes inférieures à six jours à près de 30% des entreprises publiques et la majorité de celles du secteur privé.
Plus de 68% des chefs d’entreprises publiques et près de 32 % des patrons privés ont déclaré avoir remis en marche leurs équipements après une panne, tandis que 55% et 45% respectivement ont procédé à des renouvellements et à des extensions.
La plupart des chefs d’entreprises ont assuré qu’ils peuvent produire davantage en renouvelant les équipements seulement, sans recourir à des recrutements supplémentaires.