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« J’aimerais bien qu’un jour on aille en Algérie violer » : en France, la parole raciste se libère

La parole raciste se libère en France, sur fond de nomination du nouveau gouvernement soutenu ouvertement par l’extrême-droite. Et l’Algérie semble déjà être une cible de choix.

« J’aimerais bien qu’un jour on aille en Algérie violer » : en France, la parole raciste se libère
Aicha Merabet
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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Un déversement incroyable de racisme a eu lieu dimanche 29 septembre à Paris, au cours d’un rassemblement organisé par un collectif d’extrême-droite en hommage à Philippine et autorisé par les autorités. Les Algériens ont été particulièrement ciblés par des manifestants.

La parole raciste se libère en France, sur fond de nomination du nouveau gouvernement soutenu ouvertement par l’extrême-droite. Et l’Algérie semble déjà être une cible de choix.

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Le discours officiel semble avoir encouragé ces dérapages. À peine nommé ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau s’est attaqué à l’accord franco-algérien de 1968, qui régit l’immigration et les conditions de séjour des Algériens en France, se disant favorable à sa révision. Dans ses déclarations, le ministre suggère clairement que l’Algérie est responsable d’au moins une partie des problèmes liés à l’immigration, notamment sur les OQTF et les régularisations.

« J’aimerais bien qu’un jour on aille en Algérie violer. C’est dans leurs coutumes »

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En moins d’une semaine, Retailleau a affiché sa position à deux reprises à propos de cet accord. Dimanche 29 septembre, il a affirmé sur LCI qu’il « n’y a pas tabou » sur une renégociation de l’accord avec l’Algérie.

Réitérant donc sa position, le ministre de l’Intérieur français estime que cet accord est « très favorable pour l’Algérie et très défavorable pour la France ».

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La nomination du nouveau gouvernement français, soutenu par le Rassemblement national, a également coïncidé avec le meurtre de la jeune Philippine, qui a libéré le discours raciste en France. Les militants racistes et xénophobes de l’extrême-droite ne se cachent plus désormais.

Lors d’un rassemblement tenu dimanche sur la place Denfert-Rochereau à Paris par le collectif d’extrême-droite Némésis, en hommage à Philippine, les propos scandés par les manifestants ne laissent aucun doute là-dessus. Et c’est, encore une fois, l’Algérie qui est particulièrement ciblée.

« Aujourd’hui, l’immigration nous tue ! », scande une militante, rapporte le journal L’Humanité. « J’aimerais bien qu’un jour, on aille en Algérie violer. C’est dans leurs coutumes », hurle une autre, donnant ainsi une tournure de racisme décomplexé contre les Algériens à la manifestation, rapporte le journal L’Humanité.

Le discours raciste de l’extrême-droite se libère en France

Pourtant, le principal suspect du viol et de l’assassinat de Philippine n’est pas un Algérien. C’est un Marocain de 22 ans, déjà condamné pour viol et sous le coup d’une OQTF. Mais les militants d’extrême-droite n’ont pas hésité à s’en prendre ouvertement aux Algériens.

« Les OQTF violent uniquement des Blanches, des Occidentales françaises », a scandé une autre manifestante. Il est évident que le meurtre de Philippine n’était qu’un prétexte pour ces militants de l’extrême-droite pour déverser leur haine et leur racisme, en toute impunité, à l’égard des étrangers.

La manifestation qui a rassemblé environ 500 personnes, selon les chiffres de la police, a également compté des personnalités politiques d’extrême-droite dans ses rangs, dont l’ex-sénateur RN Stéphane Ravier et l’ancien eurodéputé FN Florian Philippot.

Le laxisme des autorités françaises quant à cette manifestation et aux slogans extrêmement racistes scandés, en dit plus sur la politique actuelle des autorités. En tout cas, ce n’était pas le cas lors des manifestations organisées en hommage au jeune Nahel et à d’autres victimes issues de l’immigration.

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