
La crise avec Alger provoque de nouvelles frictions à Paris. Le retour des attaques de Bruno Retailleaucontre l’Algérie, après plusieurs semaines de silence, n’est pas anodin. Pour les observateurs, c’est le signe d’une profonde divergence entre le ministre de l’Intérieur et le président de la République Emmanuel Macron sur le dossier de la crise avec l’Algérie.
Bruno Retailleau a estimé vendredi dans Le Figaro qu’ “il faut changer de ton, assumer un rapport de force que le pouvoir algérien a lui-même choisi”, ajoutant que “la diplomatie des bons sentiments a échoué”, empiétant sur un domaine réservé du président de la République Emmanuel Macron.
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Crise France – Algérie : Retailleau relance les hostilités
La réponse lui est venue du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot qui a écrit sur X : “Il n’y a ni diplomatie des bons sentiments, ni diplomatie du ressentiment. Il y a juste la diplomatie. »
Toutefois, la divergence n’est pas qu’avec le chef de la diplomatie. Elle l’est aussi avec le président Emmanuel Macron, critiqué publiquement par un proche de Bruno Retailleau sur le dossier Algérie. Patrick Stefani, haut représentant du ministre de l’Intérieur sur l’immigration, a rejeté la responsabilité sur le chef de l’Etat dans ce qui se passe avec l’Algérie.
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“L’origine de la crise avec l’Algérie ce ne sont pas les problèmes migratoires, tous nos concitoyens le savent, c’est le changement de pied de la diplomatie française sur la question du Sahara occidental”, a déclaré Stefanini sur LCI.
“Il appartient au président de la République d’avoir une vision complète de ce que sont nos relations avec l’Algérie et de bien mesurer qu’actuellement nous sommes en position de faiblesse vis-à-vis de l’Algérie et ça, nos concitoyens ne l’accepteront pas indéfiniment”, a-t-il ajouté.
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Passeports algériens : un député répond à Bruno Retailleau
Pour le Journal du Dimanche, la dernière charge de Bruno Retailleau est la preuve d’une prise de distances de plus en plus grande avec le président de la République. Un proche du ministre de l’Intérieur a même confirmé au même média qu’ “on n’est plus dans une coexistence exigeante, on est en cohabitation.”
Dans son entretien au Figaro, Retailleau a repris ses accusations et son ton menaçant à l’égard de l’Algérie. Il a ouvertement dénoncé le fait que le consulat d’Algérie à Toulouse ait délivré “des centaines de passeports à des clandestins”. “Je donnerai instruction aux préfets de ne pas reconnaître ces documents”, a-t-il promis.
“L’Algérie est un État souverain et aucun état au monde ne peut nous empêcher de délivrer les documents qui prouvent l’identité de nos ressortissants”, lui a rétorqué sur les réseaux sociaux Farès Rahmani, député de la communauté algérienne établie à l’étranger.