Politique

La lourde défaite de Mihoubi pose la question de la légitimité de l’APN

Jusqu’aux dernières heures de la campagne, on le présentait comme le favori de la présidentielle. Au final, Azzeddine Mihoubi est arrivé quatrième et avant-dernier, avec seulement 617 753 voix récoltées, soit 7,26% des suffrages exprimés.

Si l’absence de charisme, conjugué à un déficit dans l’exercice de la politique, peuvent expliquer en partie l’échec de Mihoubi, le soutien dont il a bénéficié de la part des deux partis du régime a visiblement été contre-productif.

Le FLN, qui peine à surmonter la crise qui le secoue depuis maintenant de nombreux mois, ne pèse plus grand chose sur l’échiquier politique. Longtemps présenté comme une redoutable machine à faire gagner les élections, l’ancien parti unique a été totalement absent de la campagne.

Au niveau local, ses responsables se montrent discrets. Ces derniers mois, de nombreuses kasmas ont été murées par des manifestants en colère contre le régime. Au niveau national, les dirigeants du FLN n’ont visiblement plus la même proximité avec les dirigeants actuels du pays.

Empêtré dans une grave crise après l’emprisonnement de deux de ses ex SG, Djamel Ould Abbes et Mohamed Djemai et la mise à l’écart de Moad Bouchareb, le FLN n’a plus de boussole. Ses dirigeants ont dû attendre les derniers jours de la campagne pour opter pour un soutien à la candidature Mihoubi. Un soutien qui semble avoir été motivé beaucoup plus par la rumeur donnant l’ancien ministre de la Culture comme favori du scrutin que par une l’implication du FLN dans une stratégie de reconquête du pouvoir.

La situation au RND n’est guère meilleure. Mihoubi est arrivé à la tête du parti, le 20 juillet dernier, dans des conditions chaotiques après l’incarcération du secrétaire général Ahmed Ouyahia, Azzedine Mihoubi. Depuis, il n’a pas réussi à mettre de l’ordre dans la maison qui prenait l’eau de toute part.

Pourtant, officiellement, ces deux partis restent les plus importants du pays. Ils dominent toutes les Assemblées élues, à commencer par l’APN où il dispose de 261 députés sur 462. Lors des législatives de 2017, ces deux partis avaient officiellement récolté 2,64 millions de voix, soit 2 millions de plus que le score réalisé jeudi par Mihoubi.

Malgré ce déficit de légitimité, les députés FLN-RND viennent de faire passer plusieurs stratégiques engageant l’avenir du pays, comme celle sur les hydrocarbures ou la fin de la règle 51/49. C’est aussi cette assemblée qui a voté la dernière électorale. C’est peut-être elle qui sera amenée à voter les futures lois, voire même la révision de la Constitution promise par le président Tebboune.

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