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L’Algérie championne d’Afrique : décryptage d’un exploit

L’Algérie championne d’Afrique : décryptage d’un exploit

Ryad AB / PPAGENCY
L’Algérie sacrée championne d’Afrique pour la 2e fois de son histoire

L’équipe nationale a écrit vendredi soir l’une des plus belles pages de l’histoire du football algérien, en remportant avec brio et mérite la CAN-2019 en Égypte aux dépens du Sénégal, (1-0), renouant avec les consécrations 29 après un premier sacre remporté à domicile.

L’exploit est de taille pour une équipe en pleine phase de reconstruction, qui a eu le mérite de faire face à de grosses cylindrées dans un tournoi qui s’est joué pour la première fois en présence de 24 pays.

Avant le début de la compétition, personne ne pouvait prédire une telle performance, eu égard au passé récent de la sélection, marqué par des désillusions à la pelle. Comment cette équipe a su relever le défi en Égypte et frapper fort au moment où peu l’attendaient à ce stade de la compétition ?

Belmadi sur les traces de Kermali

Engagé par la FAF en août dernier pour relancer une sélection au fond du gouffre, le sélectionneur national Djamel Belmadi a réalisé le « miracle » de mener les Verts à la victoire finale, onze mois seulement depuis son arrivée en remplacement de Rabah Madjer.

Ayant privilégié d’abord la piste étrangère, l’instance fédérale s’est retrouvée devant un choix par défaut : celui de confier les rênes de l’équipe à Belmadi, après l’échec des négociations avec l’ancien sélectionneur Vahid Halilhodzic et le Portugais Carlos Queiroz.

Moins d’une année plus tard, ce choix s’est avéré judicieux, puisque Belmadi est parvenu non seulement à réconcilier tout un peuple avec son équipe nationale, mais il a aussi pu redorer le blason terni du football algérien dont la traversée du désert n’a que trop duré.

A seulement 43 ans, Belmadi marche sur les traces du regretté Abdelhamid Kermali qui avait offert à l’Algérie son premier titre continental. Si, à l’époque, les Verts étaient largement favoris à domicile, cette fois-ci le titre a un goût particulier pour avoir été remporté pour la première fois à l’extérieur, devant notamment le pays organisateur et détenteur du record de consécrations, l’Égypte, éliminée sans gloire en 1/8 de finale par l’Afrique du Sud (1-0).

Belmadi est le principal artisan de cette épopée. Grâce à sa méthode unique et sa rigueur, il a su gagner la confiance de ses joueurs qui se sont complètement libérés.

« Je dis bravo à Belmadi qui est notre frère, notre père. Il nous a motivés pour aller jusqu’au bout », reconnaît le défenseur central Djamel Benlameri

Sur le plan du jeu, l’équipe nationale a retrouvé son identité, parvenant à dominer ses adversaires, à l’exception de la finale où le Sénégal s’est montré plus entreprenant, mais sans pour autant parvenir à prendre à défaut la défense algérienne, très solide autour de Rais M’bolhi, désigné meilleur gardien de but du tournoi. Jeu rapide, passes courtes, solidarité collective, l’équipe nationale de football a renoué avec ses vertus sous la conduite de Djamel Belmadi.  

Un parcours de champion

Dès le début de la compétition, les coéquipiers du capitaine Riyad Mahrez avaient d’emblée affiché leur ambition d’aller jusqu’au bout.

Facile vainqueur pour son entrée en lice face au Kenya (2-0), l’Algérie a enchaîné en s’offrant le Sénégal (1-0), un succès qui a complètement boosté la bande à Belmadi, d’autant plus que l’adversaire, première nation continentale au dernier classement Fifa, était considéré comme l’un des favoris en puissance.

Avec une équipe largement remaniée, les Verts n’ont pas fait dans le détail pour laminer la Tanzanie (3-0), grâce notamment à un doublé d’Adam Ounas, et se qualifier en leader pour les 1/8 de finale.

Autre victime, la Guinée (3-0). Cette défaite du « Syli national » a précipité quelques jours plus tard le limogeage de l’entraîneur belge Paul Put. En quarts de finale, les Algériens se devaient de passer l’écueil des Ivoiriens pour atteindre le dernier carré, ce qui a été fait au stade de Suez au bout d’un match intense, qui est allé jusqu’à la séance fatidique des tirs au but (1-1, 4-3 aux t.a.b).

Sur leur lancée, les Verts n’avaient plus d’autre choix que de continuer à avancer dans un tournoi où tout leur sourit. Le Nigeria s’est dressé sur la route de la finale. L’Algérie s’en est remise à son capitaine providentiel Riyad Mahrez qui la mène en finale grâce à un coup franc direct magique du pied gauche, inscrit dans le temps additionnel (90e+5).

Sur le plan des statistiques, l’équipe nationale a terminé meilleure attaque avec 13 réalisations, de quoi conforter un titre de champion d’Afrique amplement mérité.

Sur le plan individuel, Ismaël Bennacer (21 ans) a été élu meilleur joueur du tournoi, lui qui avait été appelé en renfort à la dernière minute, deux années plus tôt, pour remplacer Saphir Taider, forfait pour la CAN-2017 au Gabon. Une juste récompense pour un jeune joueur qui représente cette nouvelle vague algérienne, désormais sur le toit de l’Afrique.


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