
L’Algérie consacre une importante enveloppe financière à l’allocation chômage. Le montant exact a été dévoilé ce lundi 8 décembre par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi.
Le ministre s’exprimait à l’occasion de l’ouverture à Alger d’un séminaire national sur l’emploi, l’évaluation de la gestion de l’allocation chômage et le placement professionnel.
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L’allocation chômage a été instituée en 2022 par le président Abdelmadjid Tebboune. Tous les jeunes algériens sans emploi âgés entre 19 et 40 ans peuvent en bénéficier. L’allocation vient de faire l’objet d’une augmentation de 15.000 à 18.000 dinars par mois. Le nouveau montant entrera en vigueur dès janvier prochain.
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« Protéger » les jeunes chômeurs
« Il ne s’agit pas d’une aide temporaire, mais d’un mécanisme social efficace visant à protéger les jeunes pendant leur recherche d’emploi, et à leur fournir un parcours de soutien comprenant formation et orientation et assurant une transition réussie vers l’insertion professionnelle », a expliqué le ministre Saihi dans son intervention au séminaire de ce dimanche. Une démarche qui, selon lui, « traduit l’engagement de l’État à ne laisser aucun jeune sans soutien ».
L’État a alloué plus de 420 milliards de dinars (3,23 milliards de dollars) à l’allocation chômage, a-t-il dévoilé. Ce qui correspondant au montant alloué pour couvrir l’allocation actuelle qui est de 15.000 DA pour plus de 2,3 millions de bénéficiaires. Avec la hausse de l’allocation chômage à 18.000 Da par mois, et sur la base du même nombre de bénéficiaires, l’État devra débourser 504 milliards de dinars par an, soit près de 3,9 milliards de dollars au taux de change officiel actuel (un dollar = 130 dinars en moyenne).
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Les femmes constituent 71 % des bénéficiaires de l’allocation chômage en Algérie
Un budget « important » est également adopté pour la prise en charge de l’augmentation de l’allocation de 15.000 à 18.000 DA décidée récemment, a fait savoir le ministre, sans toutefois dévoiler le montant de ce budget supplémentaire. « Cela témoigne de l’attachement de l’État à sa vocation sociale et de sa volonté d’assurer la stabilité des différentes couches de la société », a-t-il affirmé.
Le premier responsable du secteur a, en outre, précisé que le gros des bénéficiaires de cette allocation sont des femmes, soit 71 %, contre 29 % d’hommes.
Plus de 2,3 millions de jeunes bénéficient de l’allocation chômage, soit 34,5 milliards de dinars par mois et 414 milliards de dinars par an. Lors du Conseil des ministres du 30 novembre dernier, il a été décidé de la fixer à une durée minimale d’une année renouvelable.
Concernant l’emploi, Abdelhak Saihi a appelé tous les acteurs du marché du travail à se conformer aux dispositions de la loi 19-04 relative au placement des travailleurs et au contrôle de l’emploi, notamment celle stipulant « l’obligation de soumettre les offres d’emploi exclusivement au service public de l’emploi afin de garantir l’égalité des chances et de promouvoir la justice sociale ».
Le ministre a insisté sur la nécessité d’adopter des « visions novatrices et des politiques d’emploi plus flexibles et efficaces », au regard des profondes transformations qui affectent les modes de travail, citant à titre d’exemple la demande croissante de compétences numériques, l’émergence de l’économie verte et le télétravail.
Les participants au séminaire ont formulé un ensemble de recommandations qui serviront de « base à la poursuite des réformes et au développement des mécanismes adoptés dans le domaine de l’emploi », a indiqué le ministère du Travail dans un communiqué.
À noter que cette importante rencontre a vu la présence de plusieurs membres du gouvernement, soit les ministres des Hydrocarbures, de l’Industrie, du Commerce intérieur, de la Communication et de la Formation professionnelle, ainsi que celles du wali d’Alger, des présidents des organisations patronales CREA et CGEA et le secrétaire général de la centrale syndicale UGTA.