
L’Algérie couvre ses besoins en énergie et cherche à exporter de l’électricité verte vers l’Europe, a déclaré jeudi le ministre des Hydrocarbures et des mines, Mohamed Arkab.
Du fait de sa position géographique « privilégiée » et son potentiel en matière de pétrole et de gaz naturel, l’Algérie reste un fournisseur fiable pour ses partenaires de l’autre rive de la Méditerranée.
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Cette réputation est le résultat de la stratégie mise en œuvre dans le secteur des hydrocarbures, fondée sur quatre piliers, a indiqué le ministre dans son intervention lors du panel consacré au secteur de l’énergie, organisé à l’occasion de la tenue jeudi 5 février à Alger, de la Conférence ayant pour thème: « Afrique du Nord : Connecter les continents et créer des opportunités ».
En premier lieu, Mohamed Arkab a évoqué le développement des ressources naturelles, une mission confiée au groupe Sonatrach. L’autre fondement a trait à la « valorisation de ces hydrocarbures par leur transformation, à savoir, le raffinage, la pétrochimie, la production de fertilisants ou produits nécessaires pour l’agriculture », a-t-il souligné.
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Pour lui, le partenariat constitue un autre axe à même de garantir une meilleure maîtrise technologique, un accroissement des ressources et une exploitation efficiente des hydrocarbures. Le quatrième volet qu’il a jugé indispensable pour l’exécution de ce plan stratégique, concerne les ressources humaines et la formation des compétences.
L’Algérie, 3ème fournisseur de gaz de l’Europe
Par ailleurs, le ministre a tenu à préciser que l’Algérie joue un rôle important dans la sécurité énergétique de l’Europe en se classant 3ème fournisseur du vieux continent en matière de gaz naturel, premier producteur gazier en Afrique et septième au monde.
Mohamed Arkab a réaffirmé la ferme volonté de l’Algérie à contribuer dans l’approvisionnement de l’Afrique en énergie électrique, à laquelle n’ont pas accès plus de 600 millions de foyers sur une population totale de 1,5 milliard de personnes, tel qu’annoncé dans son discours.
« L’Afrique qui est très riche en ressources naturelles, a besoin de développer son énergie électrique. Cela nécessite l’accompagnement des industriels de la rive nord. L’Algérie est prête à accomplir ce rôle grâce à son interconnectivité avec l’Europe via les gazoducs », a tenu à préciser le ministre.
L’Algérie continue de lancer des projets d’interconnexion pour l’électrification du grand sud via des réseaux de haute tension qui ouvriront la voie pour arriver aux pays africains pour peu que la stratégie entre les deux rives de la Méditerranée soit « plus cohérente », a-t-il fait savoir.
« Nous souhaitons que les pays européens participent à ces projets qui nécessitent des financements importants et exigent une coordination entre les nations africaines en matière de réglementation », a-t-il signifié.
Mohamed Arkab a évoqué en outre, l’intérêt qu’accorde l’Algérie aux énergies renouvelables où un programme de 15 000 mégawatts (MW) sera achevé d’ici à 2035.
De ce total, une opération de 3000 MW est en cours d’exécution et ce volume sera disponible, selon lui, durant le premier trimestre 2026 et viendra renforcer la production de l’énergie électrique. Une opportunité pour les pays européens de s’approvisionner en énergie propre à partir d’Algérie et à des prix très compétitifs, selon les propos du ministre.
« Par ses capacités de production considérables, l’Algérie est prête pour une interconnexion électrique via l’énergie conventionnelle ou renouvelable, dans l’immédiat, avec les pays européens, notamment l’Italie, qui ont besoin de térawattheure », a-t-il signifié.
A propos d’interconnectivité avec l’Europe, le ministre a cité l’exemple du gazoduc à travers lequel l’Algérie approvisionne l’Italie à hauteur de 25 milliards de m3 de gaz ainsi que les pays européens. Un autre gazoduc (Medgaz) d’une capacité de 11 milliards de m3 alimente également l’Espagne et le Portugal.
A ces deux gazoducs, s’ajoute le projet du transsaharien (TSGP) de 4 200 km, qui est en discussion entre l’Algérie et le Nigéria.
Vers des productions d’électricité in situ
« L’Algérie est un grand pays producteur d’énergie électrique avec 28 000 MW et une consommation en pointe, locale de 20 000 MW. Ce qui, par conséquent, peut lui permettre d’alimenter l’Europe avec des volumes importants en énergie électrique conventionnelle », a estimé le ministre d’Etat.
Le pays dispose d’un réseau électrique de très haute tension de 25 000 km qui couvre le territoire algérien soit une superficie de 2,3 millions de m2. Son extension vers la région du sud du pays est en cours d’exécution pour atteindre les pays subsahariens, a précisé Mohamed Arkab.
Mieux, « nous développons des technologies qui nous permettent de lancer des productions d’électricité in situ, c’est -à-dire dans les localités du sud du pays afin de pouvoir les transporter vers l’Afrique », a encore souligné le ministre.
Abordant le développement des énergies renouvelables, Mohamed Arkab, a rappelé le projet pilote de production d’hydrogène vert lancé par Sonatrach avec les Allemands et la participation de l’Algérie dans le Corridor sud, South H2 avec l’Italie, la Tunisie l’Allemagne et l’Autriche. Ce projet vise à transporter de l’hydrogène vert de l’Afrique du Nord (Algérie et Tunisie) vers l’Europe.