Politique

Le FFS durcit son discours à l’égard du « régime dictatorial et autoritaire »

La revendication d’une assemblée constituante chère au FFS a été remise de nouveau sur le tapis à la faveur de l’université d’été du parti dont les travaux se sont ouverts ce vendredi à Souk El Tenine à l’est de Bejaia.

« Le FFS militera pacifiquement pour une assemblée constituante souveraine par opposition à l’immobilisme institutionnel et pour mettre fin à la persistance de la crise de légitimité », a indiqué le premier secrétaire du parti, Mohamed Hadj Djilaii dans son allocution devant plusieurs dizaines de cadres et d’élus du parti.

« Face à l’immobilisme du régime, le FFS centre son projet de reconstruction d’un consensus national sur la mobilisation citoyenne, les jeunes en premier lieu car majoritaires dans la société et moteur historique de toute révolution », a-t-il dit.

« C’est par la mobilisation des jeunes qu’un rapport de forces pourra s’établir et contraindre le régime à un dialogue politique pour changer le système actuel », a-t-il ajouté. Selon lui, l’« enjeu est d’élever la conscience politique et sociale des jeunes ».

Très critique à l’égard du régime, qualifié de « démocrature », contraction des mots de « démocratie de façade et dictature », dont le fonctionnement est fondé sur la « prépondérance conjuguée de l’armée et de la police » et « responsable de dérives totalitaires », Mohamed Hadj Djillani estime que les « problèmes » que vit notre pays sont en premier lieu ceux de la jeunesse.

Le FFS est et restera opposant

« L’échec du pouvoir lié à sa mauvaise gouvernance et à l’illégitimité des institutions empêche d’avoir des politiques sociales prioritaires pour les secteurs paupérisés de notre jeunesse (…) cela l’empêche aussi d’arrêter le désastre national en matière d’éducation et de formation et d’engager un débat national pour la mise en place d’un système éducatif et un système universitaire performants, basés sur l’algérianité et ouverts sur le monde », affirme Djllani.

Selon lui, les revendications sociales « légitimes » des populations à Bechar, Ouargla, Djanet et dans d’autres wilayas sont l’expression de l’échec du système de gouvernance, de la distribution inéquitable des ressources et du non-respect des droits individuels et collectifs. « Cette situation sociale intenable est la conséquence de la gestion unilatérale, non concertée, non consensuelle de la part du pouvoir qui aggrave l’injustice, les inégalités, l’exclusion, la dégradation du système éducatif, des universités de l’environnement et du système de santé, ce qui a engendré un désastre avec le retour d’épidémies telles que le choléra et des maladies infectieuses qu’on croyait disparues à jamais », estime le responsable du FFS.

« Décidément, on aura vu de tout, en 2003, la peste, en mars 2008, la rougeole et maintenant le choléra, c’est dire que la régression est palpable ». Ironisant sur le « sérieux » des autorités dans la gestion de l’épidémie de choléra, le FFS soutient qu’on ne peut se permettre un tel « mépris à l’égard de la population ».

« Si le statu quo est maintenu, c’est par la seule et unique faute de ce pouvoir. Le FFS est et restera un parti opposant à ce régime dictatorial et autoritaire ».

Mohamed Djillani ne s’est exprimé ni sur le séjour suisse du président, ni sur les changements opérés au sein de l’armée. Plusieurs conférences thématiques et ateliers sont prévue au cours de cette université d’été.

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