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Législatives : le gouvernement vole au secours des partis

Anis Belghoul / NEWPRESS
Pour éviter un fort taux d'abstention, le gouvernement a décidé d’investir le terrain. Abdelmalek Sellal a repris son périple à travers le pays en plein campagne électorale, ce qui est loin d’être un simple fait de hasard.

Le gouvernement se mobilise pour booster  la campagne électorale. À partir d’Oran où il a effectué,  mercredi, une visite d’inspection, le premier ministre Abdlemalek Sellal a appelé les Algériens à voter massivement le 4 mai « pour barrer la route aux marchands de la démission et aux prêcheurs du désespoir ». Hier, le ministre des Affaires religieuses Mohamed Aissa annonçait le mobilisation des imams pour sensibiliser les citoyens à une participation massive aux prochaines élections.

| LIRE AUSSI : Spectre de l’abstention aux législatives : le gouvernement mobilise les imams

L’Exécutif craint un fort taux d’abstention et appréhende avec beaucoup de doute la réaction des électeurs. Et il a toute les raisons de s’inquiéter.

La cinquantaine de partis en course pour les législatives peinent à mobiliser les citoyens, désintéressés et méfiants envers les députés et le pouvoir en général.

Le Parlement  assimilé « à une chambre d’enregistrement » n’intéresse plus les citoyens. Ahmed Hadibi, tête de liste de l’Alliance  Ennahda el Adala et Bina à Blida avoue la difficulté des partis à  convaincre: « C’est la faute au pouvoir qui a poussé les Algériens à ne plus croire au jeu politique», assure-t-il.

Pour éviter un fort taux d’abstention, le gouvernement a décidé d’investir le terrain. Abdelmalek  Sellal a d’ailleurs repris son périple à travers le pays en plein campagne électorale, ce qui est loin d’être un simple fait de hasard. Il  profite de chacun de ces déplacements pour lancer des messages aux Algériens et plus particulièrement aux électeurs. Il multiplie les inaugurations. Peu importe l’importance du projet ou même la date de son entrée en service. À Biskra, à titre d’exemple, le Premier ministre a visité le complexe touristique de l’homme d’affaires Djilali Mehri « La Gazelle d’Or », qui a ouvert ses portes depuis plusieurs mois. Dans le cadre de sa visite de travail à Oran, il s’est rendu au chantier du futur stade olympique et a posé la première pierre d’une nouvelle cité de 6000 logements AADL. On l’a même vu en train d’inaugurer un abattoir de volaille à Djelfa.

Tous les moyens sont bons pour convaincre. Le pouvoir, à travers son relais médiatique, l’ENTV, multiplie les reportages sur les projets de développement dans le pays. Des usines de montage de véhicules au marché de fruits et légumes de Sétif, en passant par les chemins de fer, la distribution de logements… L’objectif est de montrer que l’économie tourne, que des emplois sont créés dans un pays gravement touché par la crise économique.

Mais la réalité est différente. En plus des soupçons non dissipés sur la fraude, les Algériens sont confrontés au chômage, aux licenciements, à la hausse des prix des fruits et légumes comme la banane et la pomme de terre, à l’augmentation des factures de l’électricité et de l’eau. Le blocage des importations a paralysé une grande partie de l’économie, déjà très affectée par le gel des investissements publics, faute d’argent.

Loin d’être reluisante, la situation économique de l’Algérie est très inquiétante. Selon le rapport préliminaire du Fonds monétaire international (FMI) sur les perspectives économiques mondiales, la croissance de l’économie algérienne devrait ralentir substantiellement en 2017 et 2018 et prévoit une importante hausse du taux de chômage.

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