Économie

L’engouement alarmant de l’Algérie pour l’assemblage automobile

L’engouement de l’Algérie pour l’industrie automobile allait mener le pays à assembler plus 530 000 véhicules à l’horizon 2023, dont 480 000 véhicules de tourisme, selon un document du ministère de l’Industrie et des mines.

« Ce volume largement supérieur à la dimension du marché nécessite d’importantes importations de kits qui aggraveront davantage la balance de paiement du pays » et appellent à entreprendre des mesures d’urgence, s’alarme le document datant du 14 mai et signé par la ministre Djamila Tamazirt. Parmi ces mesures figurent l’imposition des quotas d’importation de kits SKD/CKD pour les usines de montage de véhicules de tourisme, et la suspension de la validation de nouveaux projets de montage de véhicules.

Dans l’ensemble, les données du ministère dressent le portrait d’une industrie d’assemblage automobile où l’opulence est de mise, l’Algérie ambitionnant de faire assembler par une multitude d’opérateurs des centaines de milliers de véhicules de toutes catégories chaque année, allant souvent bien au-delà de la dimension du marché algérien et remettant en cause l’entièreté de la stratégie du gouvernement pour l’industrie automobile en Algérie.

Véhicules de tourisme

Le cas le plus apparent concerne les projets d’assemblage de véhicules de tourisme, dont certains sont déjà en production. Sur les cinq usines de montage définis comme étant validés et entrés en production, Sovac Production (Volkswagen) et Gloviz (Kia) ambitionnaient d’assembler annuellement 100 000 véhicules chacun à l’horizon 2023, tandis que Renault Algérie Production (Renault et Dacia) devait atteindre les 75 000 unités assemblées, et Tahkout Motor Company (TMC, Hyundai) devait arriver à 60 000 véhicules assemblés. Eurl Sariak Automobile (Baic) prévoyait quant à elle d’atteindre 105 000 véhicules assemblés à l’horizon 2023.

Ces cinq usines de montage de tourisme devaient atteindre à elles seules 440 000 véhicules de tourisme assemblés à l’horizon 2023. A ces projets validés et entrés en production, s’ajoutent cinq projets définis comme ayant été retenus mais pas encore entrés en production. Ainsi, Peugeot-Citroën Production Algérie (Peugeot Citroën) ambitionnait d’assembler à terme 75 000 véhicules par an. Le Groupe Hasnaoui (Nissan) prévoyait l’assemblage annuel à terme de 63 000 unités, Atlantis Motor Company (Ford) de 40 000 unités, Algérienne de Montage Automobile (Toyota) de 3000 unités et Oryx Motors (marque algérienne de Djilali Mehri) de 3000 unités.

Véhicules industriels

A ces usines de montage de véhicules de tourisme entrés en production ou pas encore, s’ajoutent sept usines de montage de véhicules industriels (camions et tracteurs routiers), supposées assembler annuellement près de 140 000 véhicules à l’horizon 2023.

Ces usines de montage de véhicules industriels concernées sont Global Motors Industry (Hyundai) avec 15500 véhicules assemblés à l’horizon 2023, Peng Pu Algérie (Daewoo-XCMG) avec 2221 unités, Soprovi (Renault Trucks-Volvo) avec 2000 unités, Maghreb Truck Company (MAN Germany) avec 600 unités, IVAL (Iveco-Italy) avec 7500 unités, Savem (Astra-Italie) avec 800 unités, et GM Trade (Shacman) avec 108 000 unités assemblées à l’horizon 2023.

Autobus et autocars

Dans la catégorie des remorques et semi-remorques, l’Algérie ambitionnait d’assembler 12 800 unités à l’horizon 2023, dont 9000 produits par la SNVI avec un taux d’intégration actuel de 87%. Les 3800 unités assemblées sont réparties en trois usines définies comme étant entrées en production : Maghreb Trailer Industry (Comet) avec 2100 unités assemblées à l’horizon 2023, Tirsam (marque algérienne) avec 700 unités et Toufik Trailer Industry avec 1000 unités.

À ces trois usines s’ajoute le projet d’usine de Nova Trailer avec une capacité d’assemblage de 210 unités annuellement. Le document note que les producteurs de ce type de véhicules « n’émargent pas au dispositif SKD-CKD et ne bénéficient donc pas des avantages pour l’importation des intrants », tandis que les importations de remorques et semi-remorques (produit fini) par les concessionnaires n’est soumise à aucune restriction, précise-t-on.

Dans la catégorie des véhicules de type autobus et autocar, deux projets d’usine sont actuellement définis comme étant entrés en production. Il s’agit de Global Motor Industries (Hyundai) et GM Trade (Higer) qui prévoyaient d’assembler respectivement 4100 unités et 8000 unités à l’horizon 2023, soit un total de 12 100 véhicules assemblés annuellement auxquels s’ajoutent 1000 unités produites par la SNVI annuellement. Un projet d’usine ATEFI-Saida (Scania) a en outre été retenu mais n’est pas encours entré en production, avec une capacité d’assemblage annuelle prévue de 250 unités.

Motos

Par ailleurs, trois usines d’assemblage de motos sont définies comme étant validées et entrées en production, à savoir AS Motors (Riya/Chine) avec une capacité d’assemblage prévue à 45 000 unités à l’horizon 2023, HAM Motors (Sym/Chine) avec une capacité d’assemblage prévue à 46 280 unités à l’horizon 2023 et Cycma (marque algérienne) avec 8000 unités assemblées annuellement.

À ces usines d’assemblage de motos entrées en production, s’ajoutent pas moins dix projets d’usine d’assemblage validés mais définis comme n’étant pas encore entrés en production. Il s’agit de Brahimi import Riad (Gevati, Chine) avec une capacité annuelle de production prévue à 18 000 unités assemblées, Coggiola Motos (Coggiola, Italie) avec 18 000 unités, Easy Motors Algérie (Riya Motorcycle, Chine) avec 10 000 unités, Facom Industrie (TSPE & Vermeiren, Chine et Belgique) avec 38 000 unités prévues, Fahd Motors (Dayun, Chine) avec 5000 unités, Meklati Multi Distribution (Peugeot, France) avec 20 000 unités, OK Cycles (ZXMCO, Chine) avec 3000 unités, Oued Righ Import Export Cycle Motocycle (Sanya, Chine) avec 1000 unités, Prox 4 (Keeway, Chine) avec 3540 unités et enfin Sable d’Or Algérie (Lifan, Chine) avec une capacité de production annuelle prévue à 6000 unités.

Au total, c’est donc une capacité de production de motos plus de 122 000 unités qui s’ajouteront aux plus de 100 000 unités qui devraient être produites en Algérie à l’horizon 2023. Le document, que nous avons consultés, rappelle par ailleurs que l’importation de motocycles (produits finis) par les concessionnaires n’est soumise à aucune restriction d’importation, et propose à cet effet « d’encadrer l’importation de motocycles par des mesures restrictives et de libérer l’activité de fabrication afin d’encourager la production locale) ».

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