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Les choses sérieuses commencent pour Tebboune et son gouvernement

Les choses sérieuses commencent pour Tebboune et son gouvernement

Le nouveau gouvernement tient ce dimanche 5 janvier sa première réunion à l’occasion d’un Conseil des ministres que présidera, pour la première fois aussi, le président Abdelmadjid Tebboune. Une sorte de prise de contact pour tout le monde avant d’entamer les choses sérieuses qui peuvent se résumer à la recherche d’une solution à la crise politique en cours et des remèdes à la machine économique, en panne depuis plusieurs mois.

On saura peut-être un petit peu plus à travers les interventions du président, du Premier ministre, tout aussi nouveau, et des membres du gouvernement, sur l’orientation concrète que s’apprête à adopter le pouvoir vis-à-vis de la multitude de dossiers qui attendent un traitement urgent. Les déclarations faites jusque-là par Tebboune, lors de la campagne électorale, dans son discours d’investiture et à l’occasion de son unique sortie sur le terrain quand il a inauguré la foire de la production nationale, ou des nouveaux ministres lors des cérémonies de passation de consignes qui ont eu lieu ce samedi, n’ont pas permis de cerner avec précision la stratégie du chef de l’État.

La composante du gouvernement, dévoilée dans la soirée de jeudi, n’a fait que brouiller davantage les lectures de ceux qui tentent de percer le mystère de ce que sera la politique de la nouvelle équipe dirigeante et tempérer les ardeurs de ceux qui lui prêtaient une marche résolue vers un objectif défini. Statu quo dans certains secteurs et changement brusque pour d’autres, clin d’œil au hirak populaire et un autre à ceux qui l’ont farouchement combattu, du sang neuf pour insuffler une nouvelle dynamique à certains départements et rappel d’anciennes figues appelées à réussir là où elles ont échoué, parfois après plusieurs passages. On trouve de tout dans le premier gouvernement de Abdelmadjid Tebboune jusqu’à provoquer l’effet contraire de celui attendu de cette hétéroclicité.

À défaut de consensus, le nouvel exécutif fait presque l’unanimité contre lui, du moins sur les réseaux sociaux où pros et anti-hirak expriment depuis jeudi soir leur frustration. Certaines nominations laissent perplexe tant elles peuvent traduire un déphasage avec les engagements les plus solennels du chef de l’État ou les exigences de la conjoncture.

D’aucuns aussi relèvent avec beaucoup d’incompréhension le nombre trop élevé de portefeuilles pour un exécutif censé gérer une période de crise, et d’ironie le fait de consacrer un département pour la seule production cinématographique qu’on ne trouve même pas au pays qui a donné au monde Hollywood, ou encore un secrétariat d’État aux start-ups au moment où le pays se fait distancer par les plus pauvres de la planète en termes de connexion internet.

Cela ne signifie nullement que tout est à jeter dans les choix du nouveau président de la République. Il s’agit globalement d’un gouvernement de technocrates et beaucoup de ministres, à l’image du professeur Chitour, en charge de l’enseignement supérieur, Mohamed Ouadjaout, nouveau ministre de l’Éducation, ou Amar Belhimer, qui a hérité du secteur de la communication, sont considérés comme des compétences avérés dans leurs secteurs respectifs.

Cela dit, il faudra attendre leurs premières décisions et actions pour préjuger des intentions et de Tebboune et de son gouvernement. La teneur du communiqué final de ce premier conseil des ministres pourrait en être un précieux indice…

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