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Les non-dits d’une motion de soutien à Bouteflika

Anis Belghoul / New Press

Dans une partition, aussi curieuse qu’inattendue, la centrale syndicale, le patronat et le premier ministre, Ahmed Ouyahia, ont joint leur voix pour réitérer « leur soutien indéfectible » au président de la République. « L’UGTA, le FCE et les autres organisations patronales publiques et privées expriment leur soutien, leur attachement indéfectible et leur fidélité » à Bouteflika, ont écrit ces organisations dans une lettre de soutien adressée au chef de l’État à l’occasion de l’Université d’été du FCE tenue ce mercredi 18 octobre.

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L’UGTA et les organisations patronales « ont accueilli avec fierté votre appel, lors du dernier Conseil des ministres, aux travailleurs et aux entreprises à redoubler de mobilisation et d’efforts pour l’intensification du développement national. Cet appel renforce notre détermination à nous impliquer davantage dans la mise en œuvre de votre programme présidentiel pour la construction nationale », ajoutent-elles.

Se disant « engagées » en faveur « du développement » et louant « la vision » du président, ces organisations « s’engagent à fournir les efforts nécessaires pour relever ce défi du développement économique et social et à coordonner leurs actions avec le gouvernement ». Elles réitèrent aussi leur « détermination à pérenniser le dialogue et la concertation tripartite que vous n’avez pas cessé d’encourager ».

Pour le premier ministre, Ahmed Ouyahia, cette motion « vient en droite ligne avec l’attitude de la grande majorité de notre peuple, qui ne manque aucune occasion de réitérer son soutien, son appui, son respect et même son affection au Président Abdelaziz Bouteflika ». « Cette communion du peuple avec son Président est la conséquence logique de la politique mise en œuvre depuis 18 années, une politique grâce à laquelle la paix est revenue dans le pays, le développement humain s’est densifié partout, alors que le développement économique a connu un essor réel », a-t-il dit.

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Si une telle déclaration « d’allégeance » s’était exprimée à la veille d’une élection, elle aurait certainement été compréhensible, mais qu’elle intervienne au cours d’une activité ordinaire du patronat, cela suscite des interrogations. Qu’est-ce qui peut bien, en effet, justifier ce rappel ? À bien des égards, cette motion semble s’adresser plutôt à ceux qui ont appelé à la « constitution d’un front » contre un cinquième mandat, notamment aux trois personnalités, Ali Yahia Abdenour, Taleb Ibrahimi et le général Benyelles. Mais également à Nouredine Boukrouh qui n’a pas cessé depuis quelques mois de mettre en garde contre les dangers « pouvant survenir du maintien de Bouteflika ». Ou encore à Djilali Soufiane qui appel à l’application de l’article 102 relatif à la procédure d’empêchement.

À moins de vouloir rassurer Bouteflika sur leurs dispositions à l’accompagner pour un nouveau bail, s’il venait à en exprimer la volonté, l’UGTA, le patron et le gouvernement, en proclamant l’union sacrée autour du président, veulent délivrer le message d’un régime uni face à l’adversité.

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