Politique

Les vacances universitaires avancées pour tenter d’affaiblir la contestation

Les vacances de printemps dans les universités ont été avancées au 10 mars, au lieu du 21 mars. Elles ont été également rallongées, puisqu’elles vont durer jusqu’au 4 avril, soit plus de trois semaines de vacances de printemps, au lieu des deux semaines habituelles.

Cette annonce, faite par le département de Tahar Hadjar, au lendemain de manifestations grandioses à travers tout le pays contre le pouvoir et le cinquième mandat, est perçue par les étudiants comme une manœuvre pour affaiblir la mobilisation des étudiants et leur participation à la protestation populaire.

Lors des deux dernières semaines, les étudiants ont maintenu le souffle de la révolte grâce à leur mobilisation. Ils ont organisé de nombreuses et importantes manifestations contre le cinquième mandat dans la plupart des villes universitaires et ont été les premiers à réagir massivement au dépôt du dossier de candidature du Président Abdelaziz Bouteflika au Conseil Constitutionnel dimanche passé.

Sur les réseaux sociaux, les étudiants réagissent déjà à l’annonce. Dans de nombreuses publications ironiques et de nombreux groupes et pages appellent déjà à « boycotter les vacances » et à « poursuivre les études », alors même que beaucoup d’universités sont désertées par leurs étudiants depuis près d’une semaine, à l’instar de l’USTHB de Bab Ezzouar.

« Des vacances de printemps avant le printemps », « Le ministère des Affaires religieuses annonce le début de Ramadan pour demain, dimanche 10 mars », « Le ministère du Tourisme annonce l’ouverture de la saison estivale et l’ouverture des plages aux baigneurs dès demain », commentent, ironiques, les internautes algériens.

Des membres de partis de l’opposition ont également dénoncé la mesure annoncée par le ministère de l’Enseignement supérieur. L’objectif de la décision est, pour Atmane Mazouz, député du RCD d’« affaiblir la dynamique citoyenne de changement ».

« Ministère de l’Enseignement supérieur : cachez moi ces étudiants que je ne saurais voir », a commenté Ramdane Youssef Tazibt, député du PT pour qui, le pouvoir, « sénile », veut « casser un thermomètre en pensant que la température va baisser ».


 

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