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L’usine de trituration de Cevital : un projet stratégique pour l’Algérie

L’usine de trituration de Cevital : un projet stratégique pour l’Algérie

L’usine de trituration des graines oléagineuses du groupe Cevital entre en production ce mardi 30 mai. Située à proximité du port de Béjaïa, cette usine constitue un projet structurant d’envergure et d’une grande importance économique pour l’Algérie.

En septembre 2022, le président de la République Abdelmadjid Tebboune avait annoncé le déblocage de cette usine, dans le sillage de son orientation de lever les obstacles bureaucratiques devant les projets économiques créateurs de richesses et d’emplois.

Le président Tebboune avait indiqué au cours d’une rencontre avec les walis qu’une huile de table « 100 % algérienne, de l’agriculteur au consommateur » sera produite dans six ou sept mois.

La wilaya de Bajaïa a fait le nécessaire pour accompagner les responsables du projet afin de pouvoir l’inaugurer dans les délais. Des réunions ont été présidées par le wali, qui a en outre effectué plusieurs déplacements sur le site et donné des instructions à l’administration locale pour lever toutes les contraintes qui empêchent le projet d’avancer.

Le projet revêt une grande importance économique pour l’Algérie. Jusque-là, les unités de Cevital et des autres producteurs algériens d’huile de table se contentaient de raffiner l’huile brute obtenue à partir de la trituration à l’étranger des graines oléagineuses.

L’intérêt de l’usine de Cevital va au-delà de la marge à gagner sur la trituration. Le projet permettra à terme de lancer la culture des plantes oléagineuses en Algérie comme le soja, le tournesol et le colza.

Selon les prévisions faites il y a quelques années par les responsables du groupe Cevital, la culture du Soja, Colza et tournesol pourrait créer jusqu’à 100.000 emplois dans l’agriculture. L’Algérie devrait aussi passer du statut d’importateur net à celui d’exportateur des tourteaux de soja, destiné à l’alimentation du bétail.

C’est une usine de trituration multigrains dont la capacité est de 2 millions de tonnes par an, soit 11.000 tonnes de soja/jour, 6.000 tonnes de tournesol ou 5.000 tonnes de colza.


Sécurité alimentaire de l’Algérie

Premier investissement du genre en Afrique, la nouvelle usine donnera encore plus d’envergure au site de Cevital à Bejaïa, qui dispose déjà d’une grande raffinerie d’huile, d’une margarinerie et de la plus grande raffinerie de sucre au monde. Le site emploie un total de 3.800 personnes, dont 1.300 ingénieurs.

Avec cette usine, le groupe Cevital qui est présent dans l’industrie avec Brandt (électroménager grand public), MFG (verre plat), OXXO (fenêtres en pvc), franchit une nouvelle étape dans son développement et sa diversification. L’usine de trituration de Béjaia fait partie de sa stratégie d’augmenter le taux d’intégration de ses produits, en participant au développement d’autres secteurs comme l’agriculture.

L’importance de l’usine de trituration Cevital réside aussi dans le fait qu’elle va contribuer à la sécurité alimentaire du pays et de le rendre moins vulnérable aux tensions sur le marché international des oléagineux.


Ces tensions qui se sont exacerbées avec le conflit en Ukraine et la sécheresse qui frappe de nombreux pays de la planète ont montré l’importance pour l’Algérie de produire elle-même les produits de large consommation pour ne pas dépendre entièrement de l’étranger.

Cette usine ultramoderne va permettre non seulement à Cevital de produire lui-même les huiles brutes dont elle a besoin pour son unité de raffinage, mais surtout à l’Algérie de changer progressivement de statut de pays importateur à celui de producteur des huiles brutes.

L’unité de trituration de Cevital a un caractère stratégique pour la sécurité alimentaire de l’Algérie. Elle produira des huiles végétales à partir de graines oléagineuses issues de l’agriculture algérienne.

Le président Abdelmadjid Tebboune a souligné à plusieurs reprises l’importance d’un tel investissement pour la sécurité alimentaire du pays et l’agriculture locale.

Cette année le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a lancé un programme de développement de la culture du tournesol. L’objectif du programme est d’arriver à 45.000 hectares qui devraient s’ajouter au programme colza en cours et aux perspectives de développement des cultures stratégiques au sud.

La trituration, de multiples avantages

Outre la production d’huile, la trituration permet la production de différents types de tourteaux qui entrent dans la fabrication d’aliments du bétail.

Cette production locale de tourteau devrait réduire les importations de tourteaux et permettre des économies substantielles.

L’extrusion permet aussi d’utiliser les tourteaux de soja en alimentation humaine. Il s’agit d’un procédé en plein développement à l’étranger et qui permet l’incorporation de protéines végétales texturées (PVT) dans la fabrication de merguez, steaks hachés, hamburgers et plats cuisinés.

L’existence d’usines de trituration offre aujourd’hui un débouché au futur développement de la production locale d’oléagineux. Cette production ne concurrence pas la culture des céréales. Elle présente un aspect positif en évitant aux sols la monoculture des céréales.

Avec les légumes secs, la culture d’oléagineux devrait permettre une meilleure rotation des cultures et empêcher le développement des ravageurs inféodés aux céréales.

La culture des oléagineux est nouvelle en Algérie. Que ce soit au nord ou au sud sous pivot d’irrigation, il s’agit de déterminer les meilleures dates de semis et d’assurer la disponibilité en outils adaptés que ce soit au semis ou à la récolte afin d’éviter tout risque de pertes.

Dans le cas du tournesol, les dégâts d’oiseaux sont à craindre. La réussite de l’extension de la culture des oléagineux nécessitera un accompagnement technique des agriculteurs.


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