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M. Ahmed Sai, Bâtonnier national : la nomination du duo Bedoui-Lamamra est une « maladresse »

M. Ahmed Sai, Bâtonnier national : la nomination du duo Bedoui-Lamamra est une « maladresse »

Comment avez-vous réagi aux annonces du président de la République ?

Le problème qui se pose actuellement est de savoir qui gèrera la transition. Il aurait fallu, avant les annonces présidentielles, établir un dialogue et une concertation avec les leaders du mouvement populaire ainsi qu’avec l’opposition. Laquelle concertation devait aboutir à une plate-forme claire. L’opposition tout autant que le mouvement populaire n’acceptent pas que ce soit le pouvoir qui organise les élections et qui gère la transition. Le problème est là. Il s’agit à mon avis d’une maladresse du pouvoir qui aurait dû discuter avant d’émettre des décisions.

Quelle est la solution, selon vous à cette maladresse ?

Revenir à la Constitution, dissoudre le parlement et déclarer une situation constitutionnelle transitoire pendant au maximum une année pour organiser des élections présidentielles.

Pourquoi maximum une année ?

Parce que si la transition perdure, on va entrer dans des dédales à l’image de la Tunisie qui en est à sa 7e année de transition. Donc, il faut faire vite. Il faut organiser des élections et laisser les candidats se concurrencer autour de projets constitutifs : présidentiels, parlementaires…C’est à mon avis l’option la plus crédible. Car si on faisait une Assemblée constituante et qu’elle est élue, ça va prendre du temps et la transition sera plus difficile et il y aura des dégâts collatéraux. Et le moindre mal est d’aller vers des élections présidentielles dans les plus brefs délais.

Et s’agissant de la Conférence nationale à laquelle appel le président de la République ?

Pour moi, elle ne va pas réussir à cause de sa composante qui va nous faire entrer dans des dédales interminables.

Quelle est l’urgence ?

Le plus urgent est d’organiser des élections présidentielles avec un gouvernement neutre, consensuel, ayant l’aval de l’opposition et du mouvement populaire. Il faut que ce gouvernement ait la neutralité et l’indépendance la plus totale. Il ne doit recevoir de directives ou d’ordres de personne. Il doit être doté des pleins pouvoirs pour préparer et gérer les élections présidentielles et gérer la période de transitions.

Comment avez-vous réagi à la nomination de Bedoui comme premier ministère et de Lamamra comme vice-premier ministre?

Je pense que c’est une maladresse. Il aurait fallu qu’il consulte l’opposition pour constituer un gouvernement acceptable et consensuelle.

Est-ce que c’est trop tard ?

Quant il y a la bonne volonté, ce n’est jamais trop tard. Ils peuvent maintenant appeler l’opposition et débattre avec elle sur la composante du gouvernement.

Est-ce que le président de la République est actuellement légal ?

Selon la Constitution, il sera légal jusqu’au 18 avril. Après on rentrera dans un vide juridique. C’est pour cela qu’à mon avis, on doit geler le fonctionnement avec la constitution actuelle et que le parlement soit dissous et dans le même temps ils annoncent une période constitutionnelle transitoire qui gère la transition.

Les avocats restent-t-ils mobilisés par rapport à cette nouvelle donne ?

Nous allons nous réunir dans quelques jours pour décider de la suite à donner à notre mouvement.

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