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Maïs grain à Adrar : un investissement stratégique pour l’Algérie

À Adrar, la culture du maïs grain bat son plein. Cet or jaune est destiné à nourrir la volaille, mais il est aussi utilisé comme aliment de bétail. Un investissement stratégique pour l’Algérie

Maïs grain à Adrar : un investissement stratégique pour l’Algérie
La récolte maïs grain bat son plein en Algérie / Par Gedikart de Pexels
Djamel Belaid
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À Adrar, dans le sud algérien, dans un champ, cinq moissonneuses-batteuses se suivent. Ce n’est pas un champ de blé, mais une étendue de maïs grain.

Cette année, Adrar vise la récolte de 380 000 quintaux des précieux grains dont l’Algérie importe annuellement 4 millions de tonnes pour nourrir ses volailles.

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Un produit appartenant aux cultures stratégiques telles que définies par les pouvoirs publics qui cherchent à développer la production locale afin d’assurer la sécurité alimentaire du pays et de réduire les importations.

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C’est dire l’importance de l’opération dont Fodil Dhouifi, le wali d’Adrar, a donné le coup d’envoi le 23 décembre dernier au niveau du périmètre agricole de Hamadet Erraya dans la commune de S’bâa, comme le rapporte l’agence APS.

À Adrar, ce sont plus de 6 380 hectares qui ont été semés de maïs. Au niveau de la concession de l’investisseur Kasdi Sofiane, pas moins de 5 moissonneuses-batteuses équipées de becs cueilleurs spécifiques et 14 tracteurs étaient alignés pour l’occasion.

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Derrière les engins de récolte de l’or jaune, immédiatement des tracteurs traînant des appareils à disques suivent.  Il s’agit de préparer au plus vite le sol pour le semis de blé à venir alors que des résidus de tiges de maïs traînent encore sur le sol. Sous pivot au sud, il est en effet possible d’effectuer deux récoltes par an.

Pour la récolte, la Coopérative des céréales et légumes secs (CCLS) d’Adrar et l’Office national d’aliments de bétail (ONAB) de Bougtob (El-Bayadh) ont mobilisé des moyens humains et matériels conséquents.

La récolte nécessite un ballet parfaitement coordonné. Une fois leur trémie de stockage remplie, à tour de rôle, les engins de récolte s’approchent des camions de l’ONAB garés en bordure de champ.

Grâce à leur vis sans fin, ces moissonneuses-batteuses modernes fabriquées en Algérie vident leur chargement dans la longue remorque des camions.

Dans le sud algérien, les distances entre les champs et les centres de collecte peuvent se chiffrer en centaines de kilomètres.

Aussi, pour charger le maximum de grains, les ridelles ont été rehaussées et pour guider le chauffeur de la moissonneuse-batteuse, un ouvrier est monté dans la remorque sur le tas de grains.

Pour réduire les distances de transport de près de 900 km entre Adrar et le centre ONAB de Bougtob, un centre de stockage de 130 000 tonnes est en cours de construction.

Athmane Belaid, le responsable ONAB de la récolte de maïs à Adrar, indique que l’office des aliments du bétail intervient avec « sept unités de traitement » et « 16 séchoirs à grains ». Pour stocker le grain dans de bonnes conditions, celui-ci doit être impérativement à une humidité de 65 %.

Présent sur les lieux, Ennahar TV s’attarde sur le ballet des camions remorque chargés de grains se dirigeant vers les tours de séchage.

Semblables à des réservoirs d’hydrocarbures, celles-ci ont une dizaine de mètres de haut. Grâce à des trappes de vidange à l’arrière de leur remorque, les camions déchargent le maïs dans les trémies à la base des tours. Un mécanisme de transport assure leur chargement par le haut. Auparavant, un agent prélève un échantillon pour en mesurer l’humidité.

Maïs grain pour les poules

Depuis le champ jusqu’aux silos de stockage, la production de maïs grain nécessite donc des moyens considérables.

Contrairement à l’orge, le grain de maïs assure un apport d’énergie incomparable, aussi est-il particulièrement recommandé en élevage des volailles.

Contrairement aux moutons et vaches qui comportent 4 estomacs et peuvent se contenter de fourrages plus grossiers, les volailles ou mono-gastriques, n’en possèdent qu’un seul. Aussi, le maïs leur est indispensable pour la production locale de viande blanche. Un type de viande particulièrement abordable pour toutes les bourses.

La demande en maïs est telle que le Département américain de l’agriculture (USDA) prévoit que les importations algériennes de maïs devraient atteindre 5 millions de tonnes en 2024/2025. Il s’agit d’un niveau record alors que ces dernières années ces importations se chiffrent à 4 millions de tonnes.

Une hausse qui peut être imputable au détournement du maïs vers l’élevage des ruminants. Lors d’un salon agricole international, un président de Chambre d’agriculture avait confié à TSA : « des éleveurs spécialisés dans l’engraissement des veaux se sont rendus compte de l’intérêt du maïs et en incorporent dans les rations données aux animaux ». La même pratique se développe pour l’engraissement des agneaux.

Au-delà des lourds investissements que constituent la production de maïs sous pivot, son transport vers des centres de stockage et son séchage se pose la question de son utilisation : production de viande rouge ou de viande blanche. Un choix qui n’est pas sans impacter le budget de l’Etat et le couffin de la ménagère.

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