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Malgré Gaza, Israël conclut un contrat gazier historique avec l’Egypte

Les Egyptiens vont se chauffer avec du gaz israélien. Israël a signé le plus gros contrat gazier avec l’Egypte, malgré ce qui s’est passé à Gaza.

Malgré Gaza, Israël conclut un contrat gazier historique avec l’Egypte
« Soutien » à la Palestine et affaires avec Israël : le double langage de l’Egypte. | Par Derek Brumby / Adobe Stock
Riyad Hamadi
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Génocide à Gaza ou pas, les affaires se poursuivent entre certains pays arabes et Israël. Si ce ne sont pas des transactions d’armements, comme le fait le Maroc, ce sont des contrats commerciaux lucratifs qui sont conclus au grand jour entre l’État hébreu et plusieurs pays de la région, qui ne s’en cachent plus.

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le plus accord d’exportation de toute l’histoire d’Israël vient d’être signé avec un État arabe, alors que la guerre de Gaza n’est pas tout à fait terminée et qu’aucun espoir d’établissement d’un État palestinien ne pointe à l’horizon. 

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L’accord porte sur la fourniture de gaz israélien à l’Egypte et s’élève à 35 milliards de dollars.

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Vu l’importance, tant économique que politique de l’accord, c’est le Premier ministre Benyamin Netanyahu qui l’a annoncé en personne mercredi 17 décembre, le qualifiant d’ “historique” et précisant que plus de la moitié du montant du contrat, soit plus de 17 milliards de dollars, finiront dans les caisses de son pays.

Autrement dit, des fonds supplémentaires pour financer l’effort de guerre israélien contre les Palestiniens et plusieurs États de la région. 

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L’Egypte est un des parrains de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. L’accord n’a pas mis fin complètement à l’agression israélienne puisque des violations du cessez-le-feu sont régulièrement signalées. Le gouvernement israélien poursuit en outre sa politique de colonisation et rejette catégoriquement toute idée d’État palestinien.

Alors que de nombreuses voix se sont élevées dans le monde musulman, et même en Occident, appelant à actionner l’arme du boycott économique pour contraindre Israël à se conformer à la légalité internationale, l’Egypte a opté pour la voie contraire, celle du renforcement de leur coopération avec ce pays. 

Israël signe le “plus gros contrat d’exportation” de son histoire avec l’Egypte

En octobre dernier, le Washington Post a révélé que six pays arabes ont intensifié leur coopération militaire avec Tel-Aviv au moment même où la population civile de Gaza se faisait massacrer. Il s’agit de Bahreïn, l’Egypte, la Jordanie, le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, tandis que le Koweït et Oman ont été cités comme étant des « partenaires potentiels ».

Quelques mois plus tôt, le président américain Donald Trump, principal soutien d’Israël, est reparti du Golfe chargé de contrats et de cadeaux personnels. 

En 2020, quatre pays arabes (Maroc, Emirats arabes unis, Soudan et Bahreïn) ont normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des désaccords d’Abraham, sans aucune contrepartie pour la cause palestinienne. Ils ont ainsi rejoint l’Égypte et la Jordanie qui avaient franchi le pas de la normalisation en 1978 et 1994 respectivement.

De tous ces pays, le Maroc est celui qui est allé le plus loin dans sa coopération militaire et sécuritaire avec Tel-Aviv, multipliant notamment les commandes à coup de centaines de millions de dollars auprès de l’industrie israélienne d’armement. Parallèlement à ces arrangements sur le dos du peuple palestinien, Mohamed VI continuait à exhiber le titre vide de sens de “président du comité Al Qods”, hérité de son père Hassan Il. 

À l’instar du Maroc, ces États ont continué, dans leur communication officielle, à dénoncer l’occupation israélienne et à prétendre soutenir la Palestine. 

Ce double langage a fait beaucoup de tort à la cause palestinienne et enhardi l’occupant israélien à tuer chaque jour un peu plus la solution à deux États. 

Paradoxalement, si cette solution est maintenue en vie et si Israël a été pressé de cesser son génocide à Gaza, c’est grâce à l’action de pays occidentaux, comme l’Espagne, la Norvège et l’Irlande, avec évidemment certains États de la région restés fidèles à la cause palestinienne, comme l’Algérie.

La pression économique sur Israël aurait pu à elle seule augmenter les chances de parvenir à une solution au conflit. Hélas, cette voie ne fait pas l’unanimité dans le monde arabe. Au point où Israël obtient le plus gros contrat d’exportation de son histoire au lendemain d’un génocide qui a indiqué la planète entière.  

 

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