Consommation

Marchés : attention aux produits à risque en ces jours de canicule !

Rupture de la chaîne frigorifique, fromages et eaux minérales exposés en plein soleil, sardines vendues en pleine canicule, corbeilles de pains devant les bouches d’égout, fast-food crasseux, tous les jours les consommateurs jouent leur santé à pile ou face. Certains commerçants véreux coupent le courant la nuit, interrompant ainsi la chaîne du froid alimentaire.

Sur les marchés, les services de contrôle sont aux abonnés absents. Résultat : les consommateurs qui ne sont pas vigilants payent les pots cassés.

Une virée autour des marchés de la capitale révèle un phénomène gravissime impliquant un sérieux problème de santé publique.

Pain enrobé de germes   

Marché de Bab El Oued, ou celui de Réda Houhou (ex-Clauzel), les mêmes scènes se répètent. Des vendeurs à la sauvette installent leurs corbeilles de pains à même le trottoir. Bordées par les bouches d’égout et exposées à la pollution des voitures et à la poussière environnante, ces baguettes s’écoulent malgré tout, comme des petits pains. Les consommateurs trop pressés ou inconscients et parfois les deux à la fois, s’approvisionnent dans la rue encourageant ce commerce sauvage et prenant le risque de se retrouver aux urgences hospitalières.

Chez la plus part des boulangers, le tableau n’est guère reluisant ! Les règles d’hygiène les plus élémentaires sont jetées à la poubelle. Le boulanger sert les clients avec la même main qui a encaissée l’argent. Des milliers de bactéries se retrouvent sur le pain puis dans l’estomac du consommateur.

Par ailleurs, une longue histoire d’amour semble lier le consommateur et sa baguette. Une relation tactile et passionnelle. Dans les supérettes, les baguettes sont tâtées, humées, auscultées, retournées et examinées sous toutes leurs coutures. Des centaines de mains sales manipulent ainsi le pain qui se retrouvera, quelques heures plus tard, sur les tables des cuisines familiales ou dans les restaurants.

Pains au Marché Réda Houhou (© TSA)


Ayaw Essardine !

À l’entrée du marché de Bab El Oued, les vendeurs à la criée ont installé leurs cagettes de sardines et de poissons devant une décharge d’ordures. Côté température, c’est l’enfer. Des escadrilles de mouches se posent sur les poissons. Il est bientôt midi et les sardines grillent au soleil, sous une canicule de plomb.

Marché de Bab El Oued (© TSA)


Au marché Nelson de Bab El Oued, le poulet est exposé par 37 degrés, sur le comptoir, en dehors du présentoir frigorifique. Envoyer les citoyens à l’hôpital semble être le dernier souci de certains commerçants.

Marché Nelson (BEO) (© TSA)


Au marché de Chartres, à un saut de la Place des Martyrs, un cageot de poulets prend le soleil sur le bitume. De grosses mouches bleues font un festival. Plus tard, le vendeur pensera peut-être à placer la viande blanche dans un espace réfrigéré. Pour le moment, il a d’autres chats à fouetter. Commenter l’annulation du concert de Kader Japonais à Ouargla les absorbe complètement.  

Marché de Chartres (© TSA)


Attention, ça chauffe !

Faute de place, de nombreux commerçants stockent les fardeaux d’eau minérale à même le trottoir, en plein soleil. Pourtant, les médecins et chercheurs n’arrêtent pas de mettre en garde sur le risque de migration de molécules nocives dans les eaux minérales sous l’effet de la température. Exposée au soleil, cette eau serait donc cancérigène.

Des produits périssables comme le fromage, le pâté et la mayonnaise ornent les étals dans les marchés. À l’entrée du marché Réda Houhou (ex-Clauzel), une planche de fortune supportant une variété de fromages ainsi que des plaquettes d’œufs attire les clients qui s’y approvisionnent le plus normalement du monde. Les commerçants qui ne respectent pas la chaîne de froid sont légions. Dans certaines supérettes, les présentoirs frigorifiques sont débranchés la nuit par souci d’économie sur la facture d’électricité. Les consommateurs achètent des yaourts, de la margarine et du cachir resté à température ambiante pendant des heures. Bonjour les intoxications alimentaires.

Marché Réda Houhou (© TSA)


Avis aux candidats à l’intoxication alimentaire

L’hygiène fait cruellement défaut dans les pizzerias et autres fast-food. Le plus étrange, c’est l’attitude adoptée par les clients. Dociles et indifférents, ils ferment les yeux devant ce qui pourrait les conduire directement au cimetière. S’arrêter pour acheter un sandwich chawarma dans une rôtissoire exposée à la pollution de la ville est carrément suicidaire. Dans la plupart des cas,  le serveur porte un tablier crasseux. Il n’est pas coiffé d’une toque. De grosses perles de sueur dégoulinent de son front. Il essuie la transpiration avec ses mains, répond aux appels téléphoniques de son portable et vient vous servir directement. Ces scènes, nous les avons observées un peu partout. Le couteau qui tombe par terre est ramassé puis réutilisé pour couper la viande et préparer le sandwich, comme si de rien n’était. Les consommateurs semblent très peu regardants sur ces questions d’hygiène. Devant leur passivité les commerçants ne se remettent jamais en question. L’argent continue à tomber dans la caisse, c’est le plus important à leurs yeux.

Les services d’hygiène ont vraiment du pain sur la planche. En cette saison de grande chaleur, des actions musclées sont attendues sur le terrain pour faire respecter la réglementation et protéger les consommateurs de graves intoxications pouvant les conduire au trépas.

Les plus lus