
Les nuages sombres s’amoncellent au-dessus de l’économie marocaine.
Après la filière phosphate, frappée de plein fouet par les répercussions de la crise au Moyen-Orient, c’est un autre secteur crucial de l’économie du royaume qui est annoncé en difficulté : le tourisme.
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Cela au moment où le dirham a perdu une partie importante de sa valeur, 6,5% depuis fin juillet, et que la valeur des importations s’est envolée, avec des effets directs sur les réserves en devises du pays et le pouvoir d’achat.
Maroc : chute brutale du rythme de croissance du tourisme en 2026
La croissance du secteur du tourisme a connu un coup d’arrêt en 2026 ce qui compromet les objectifs tracés pour les prochaines années.
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Le tourisme est un important contributeur au PIB du royaume (près de 8%) et participe à 8,2% du total de l’emploi au pays.
La révision à la baisse de ses projections de croissance équivaut à revoir également les objectifs globaux de l’économie marocaine, d’autant plus que les difficultés du secteur se conjuguent avec celles de l’industrie des phosphates.
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Un analyste du secteur touristique privé, cité par le média économique marocain Média 24, a indiqué qu’après une percée “spectaculaire” en 2024 (+20%) le rythme de croissance des arrivées de touristes a entamé une baisse en 2025 (+14%) avant de freiner en 2026, à seulement 5% à fin septembre.
Les objectifs pour 2030 remis en cause
Ce ralentissement pourrait “compromettre la réalisation de l’objectif national d’atteindre 26 millions de visiteurs à l’horizon 2030”, a mis en garde l’analyste.
A ce rythme, le Maroc devrait accueillir 20,8 millions de touristes sur toute l’année 2026 (contre 19,8 millions en 2025) et à peine 25,3 millions de touristes en 2030, soit 700 000 de moins que l’objectif tracé pour le secteur à cette échéance.
Pour la réalisation de l’objectif, il faudra une croissance annuelle proche de 9,6% entre 2027 et 2030, ce qui est loin d’être acquis.
Parmi les causes de ce ralentissement, l’analyste cite la baisse du rythme des accords passés entre l’office marocain du tourisme (ONMT) et les compagnies aériennes étrangères pour le développement de nouvelles liaisons et l’augmentation des capacités en sièges disponibles au départ des principaux pays de provenance des touristes.
Le tourisme marocain redoute une crise qui s’installe dans la durée
Outre la connectivité aérienne, le spécialiste estime que les “incertitudes liées aux marchés stratégiques français et espagnol” pèsent aussi éventuellement sur la fréquentation de la destination Maroc.
En France, il y a les manifestations des lycéens et l’approche de la présidentielle.
En Espagne, il y a les “relations tendues” avec le Maroc après la crise de Ceuta. Ces deux facteurs font redouter un ralentissement des flux essentiels provenant de ces deux premiers marchés importants pour le Maroc.
La filière redoute surtout que la tendance actuelle s’installe dans la durée.
Tout l’enjeu consistera à déterminer “si ces difficultés sont conjoncturelles ou si, au contraire, elles annoncent un essoufflement plus durable de certains marchés européens” émetteurs de touristes pour le Maroc, explique le spécialiste du tourisme marocain.