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« Marocanité » du Sahara occidental : le nouveau « ton » de Washington

« Marocanité » du Sahara occidental : le nouveau « ton » de Washington

L’administration de Joe Biden est-elle en train de prendre ses distances avec la position exprimée par Donald Trump concernant la question du Sahara occidental ?

Tout porte à le croire si l’on se réfère aux propos du porte-parole du département d’État, Matt Miller, qui s’est exprimé mardi au terme de la rencontre à Washington entre le secrétaire d’État, Antony J. Blinken et le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf.

« Le secrétaire d’État et le ministre des Affaires étrangères ont réaffirmé l’importance d’une paix juste et durable en Ukraine conformément aux principes de la Charte des Nations Unies et ont réitéré leur plein soutien à l’envoyé personnel du secrétaire général Staffan de Mistura alors qu’il consulte intensivement toutes les parties concernées pour parvenir à une solution politique pour le Sahara Occidental », a indiqué le porte-parole du département d’État.

Des propos confirmés aussi par un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères. « Les deux parties ont évoqué les derniers développements de la question sahraouie, en réaffirmant leur soutien aux efforts de l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Staffan de Mistura, pour permettre aux deux parties du conflit d’adhérer, sans condition préalable et de bonne foi, au processus politique parrainé par les Nations Unies », indique le communiqué de la diplomatie algérienne.

Ces propos tranchent singulièrement avec la décision de l’ancien président américain Donald Trump, qui avait reconnu en 2020 la « marocanité » du Sahara occidental en contrepartie de la normalisation des relations entre Rabat et Tel Aviv.

Ils se déclinent, par certains égards, comme un désaveu du gouvernement de Joe Biden à celle de son prédécesseur, mais aussi de l’attachement de la nouvelle administration à une solution « juste », « durable » au Sahara occidental sous l’égide des Nations Unies.

Ils préfigurent également d’une relance des pourparlers entre les parties au conflit et de l’ « enterrement » de l’idée de l’ouverture d’un Consulat à Dakhla, au Sahara occidental occupé. Une ouverture qui, faut-il le rappeler, a été bloquée par des membres du Congrès américain.

En réitérant son soutien aux efforts de l’envoyé des Nations Unies, Washington n’entend visiblement pas s’aliéner Alger, avec laquelle elle entretient une coopération étroite dans la lutte contre le terrorisme, notamment au Sahel, en proie à l’instabilité et qui risque d’être aggravée avec le coup d’État au Niger.

Algérie – États-Unis : Attaf rencontre Blinken à Washington

D’ailleurs, Antony Blinken et Ahmed Attaf n’ont pas manqué d’évoquer la question en discutant du « partenariat bilatéral américano-algérien et de se concerter sur les efforts partagés pour désamorcer le conflit et faire progresser la stabilité régionale, y compris au Sahel », selon le porte-parole du département d’État.

Ahmed Attaf et son homologue américain ont « échangé les vues sur les développements régionaux, particulièrement sur la situation au Niger, au Mali et en Libye, soulignant la convergence des positions des deux pays ainsi que leurs démarches en vue de privilégier des solutions pacifiques à ces crises afin d’éviter à la région les risques de l’option militaire », indique, pour sa part, le communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères.

Sur le Sahara occidental, les déclarations de Blinken représentent clairement un désaveu américain à l’égard des prétentions marocaines et des illusions du Maroc qui cherchent à obtenir, coute que coûte, des soutiens internationaux à sa politique du fait accompli et de colonisation des territoires sahraouis, pointe une source algérienne. C’est la distanciation la plus marquante de la part de l’administration Biden sur la question du Sahara occidental, ajoute-t-elle.

Alors qu’elle est soupçonnée de proximité avec Moscou, Alger, à travers cette visite d’Ahmed Attaf, qui intervient après celles du président Abdelmadjid Tebboune en Russie et en Chine, semble plutôt chercher à délivrer un message de son attachement à une « neutralité », notamment dans le conflit en Ukraine. Une neutralité qui représente un marqueur de sa diplomatie depuis l’indépendance.

« Le secrétaire d’État et le ministre des Affaires étrangères ont réaffirmé l’importance d’une paix juste et durable en Ukraine conformément aux principes de la Charte des Nations Unies », a affirmé le porte-parole du département d’État.

Le ministère des Affaires étrangères a souligné que les deux ministres « se sont félicités de la grande convergence des positions des deux pays autour des questions évoquées sur les plans bilatéral et multilatéral ».

Il a ajouté que Attaf et Blinken ont exprimé leur volonté de « poursuivre les efforts afin de prospecter les perspectives prometteuses du partenariat algéro-américain et d’intensifier les relations de concertation et de coordination, notamment durant le prochain mandat de l’Algérie » en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité.

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