Société

Migration illégale : « Nous avons d’autres hémorragies, comme la fuite des cerveaux »

Le directeur de recherche au Cread (Centre de recherche en économie appliquée pour le développement), Mohamed Saïb Musette, a affirmé ce dimanche que le phénomène des harragas ne représente « qu’un symptôme, qu’une petite hémorragie dans le corps social ».

« La harga pour moi n’est qu’un symptôme, qu’une petite hémorragie dans le corps social. Nous avons d’autres hémorragies comme la fuite des cerveaux », a affirmé M. Musette dans un entretien accordé à la Chaîne III de la Radio nationale. « Ce n’est pas seulement en soignant une petite plaie qui fait mal actuellement qu’on va arrêter le saignement. Il faut traiter le corps social dans sa totalité, que ce soit en termes de mobilités ou de migration internationale », a-t-il estimé en outre.

« Est-ce que nous sommes devant un problème de migration illégale internationale, ou sommes-nous devant un phénomène social impliquant directement la jeunesse ? Je pense que le phénomène a évolué, nous sommes devant un phénomène de société. La migration irrégulière ne concerne plus que le jeune seulement, des familles sont impliquées et à tout âge on voit des personnes qui prennent le risque de partir », a expliqué M. Musette.

Ce dernier a également rappelé que le phénomène des harragas n’est pas nouveau. « Depuis les années 2000, on comptait nos morts et on comptait les disparus. On savait depuis les années 2000 que les réseaux s’activaient. Les études effectuées démontrent qu’on savait pertinemment qu’il y avait des disparus et des morts. Maintenant le problème de migration est devenu international, avec d’autres phénomènes », a indiqué Mohamed Saïb Mussette.

Le directeur général du Centre a par ailleurs déploré l’absence de recherches approfondies sur le sujet. « Sur le plan de la harga, on n’a jamais fait de recherche sur le phénomène en Algérie. La première des choses pour moi serait de faire un diagnostic stratégique du phénomène dans toutes ses dimensions. Une fois cela fait, on peut sortir avec un plan d’action puis une stratégie de communication », a-t-il préconisé.

Hier, le ministre de l’Intérieur Nourredine Bedoui, a réduit le phénomène de l’immigration aux jeunes qui risquent leur vie, en tentant de traverser la Méditerranée, à bord d’embarcations de fortune, pour rejoindre l’Europe. Il a mis en cause notamment les réseaux sociaux dans le développement du phénomène de l’immigration clandestine, en affirmant que « dans la plupart des cas », les haragas recherchent « l’élévation sociale » et « les gains rapides ».

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