Politique

Militantes déshabillées : la FIDH dénonce des « pratiques illégales et inacceptables »

La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) a appelé ce jeudi à mettre fin aux pratiques illégales et inacceptables » ayant consisté dans le fait que des « militantes ont dû se déshabiller et subir des attouchements sexuels dans un commissariat du centre d’Alger ».

Quatre militantes du RAJ et du MDS ont affirmé avoir été « déshabillées intégralement » lors d’une fouille dans un commissariat de Baraki le samedi 13 avril dernier, après avoir été interpellées par la police alors qu’elles se rendaient vers 17h à un rassemblement de contestation devant la Grande poste à Alger. La sûreté de la wilaya d’Alger a « démenti catégoriquement » ce qu’elle qualifie « d’allégations de maltraitance ».

« Ces violences sexuelles subies par les quatre militantes sont extrêmement graves. Elles visent à dissuader les femmes à toute velléité de participation à la vie publique et à les écarter du processus de transition politique. Elles rappellent notamment les funestes ‘’tests de virginité’’ imposés par les médecins de l’armée égyptienne dans les commissariats du Caire en 2011 pour dissuader les manifestantes de la place Tahrir », dénonce la FIDH dans un communiqué publié ce jeudi sur son site internet.

« Que les autorités s’en prennent au corps de femmes qui s’emparent de l’espace public, dans le cas égyptien comme aujourd’hui dans le cas algérien, relève d’une volonté d’humiliation, fait planer la menace du viol, et vise à les dissuader définitivement de participer au mouvement algérien actuel, sans précédent depuis les années 80 », estime la fédération.

« Nos organisations condamnent fermement ces actes de violence, qui portent atteinte à l’intégrité physique et psychologique des manifestant-e-s, et contreviennent à la liberté de manifestation et de rassemblement », affirme la FIDH.

La fédération appelle également à « la dénonciation publique de ces violences par l’ensemble des leaders politiques actuellement au pouvoir », « la condamnation de ces actes qui constituent des abus de pouvoir commis par des policiers qui violent le code pénal algérien et ne respectent pas les engagements régionaux et internationaux de l’Algérie en matière de droits civils et politiques, mais également en matière de lutte contre les violences sexuelles », ainsi que « la traduction en justice des responsables de ces violences proportionnellement à la gravité des actes commis ».

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