Politique

« Notre armée est bien préparée, assez bien équipée et très bien entraînée »

Quels sont les défis sécuritaires auxquels fait face l’Algérie ?

Mokhtar Said Mediouni cadre supérieur de l’ANP à la retraite : Il faut savoir que le terrorisme est aujourd’hui un phénomène transnational. Il n’a pas de frontières et ne connait pas de limites. Sur ce plan-là, la vigilance doit être de mise. Le terrorisme, qui était beaucoup plus présent au Moyen-Orient (Syrie, Irak), a profité du vide laissé après la destruction de l’Etat libyen. L’Algérie a déjà pris ses dispositions en vue de sécuriser ses frontières, de faire en sorte que les frontières soient hermétiques pour ne pas permettre aux groupes terroristes de déferler sur notre territoire. Je pense que les dispositifs mis en place sont assez importants et la préparation au combat de notre armée continue sans relâche.

L’ANP est-elle bien équipée pour faire face à d’éventuelles menaces venant des frontières ?

Sur ce volet, je peux vous dire que même le Département d’Etat américain et le Pentagone et plus généralement les Occidentaux reconnaissent à l’Algérie une expertise mondiale en matière de lutte antiterroriste. Ayant fait face dans les années 1990 seul au terrorisme, notre pays est devenu expert en matière de lutte antiterroriste. Ce phénomène, nous le connaissons et nous savons comment le combattre.

Lors de son passage au ministère de la Défense nationale, le président de la République a parlé de la nécessité de continuer à promouvoir le développement et la modernisation de toutes les unités de l’Armée nationale populaire. C’est un projet ambitieux. Faut-il signaler aussi que les données changent et l’armement aussi. Lorsqu’il a parlé de la guerre électronique c’est parce que les choses évoluent chaque jour. Donc, si vous voulez défendre vos frontières, il vous faut d’être au diapason des nouvelles technologies.

Je pense qu’au niveau des frontières, l’armée est bien préparée et nous n’avons rien à craindre de ce côté-là. Même ce qui est en train de se passer chez nos voisins ne peut déborder chez nous, c’est impossible car nos frontières sont hermétiques. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir les quantités d’armes que nous avons récupérées ces dernières années.

Quelle riposte aujourd’hui aux nouveaux défis ?

Aujourd’hui, les défis sont tout autres, car l’armée nationale est reconnue sur le plan africain et en Méditerranée. Des pays dans le bassin méditerranéen sont en train de se doter d’avions furtifs, il est donc du devoir de l’Algérie qui veut maintenir l’équilibre stratégique d’opter pour les technologies les plus récentes en matière d’armement. Il s’agit de remporter la supériorité aérienne, car c’est celle-ci qui donne aussi la capacité à notre diplomatie d’être plus efficace.

Les groupes armés évoluent aussi…

Si l’on se rappelle, les terroristes de l’EI en Irak et en Syrie étaient capables de fabriquer des drones avec lesquels ils ont bombardé des unités gouvernementales. Le terrorisme aussi évolue. Il y a aussi la question du financement. Le combat contre le terrorisme ne se limite pas à une lutte armée, il faudrait que toutes les institutions internationales en prennent conscience et qu’on arrête le financement de ces groupes.

L’Algérie a été parmi les premiers pays à dénoncer le financement des groupes terroristes. Elle avait demandé à l’ONU à ce qu’il y ait une traque de ces financements.

La Libye est en proie à la guerre civile. Nos frontières avec ce pays sont-elles suffisamment sécurisées ?

Je crois que sur ce plan, notre armée est bien préparée, assez bien équipée et très bien entraînée et elle a l’expertise de la lutte antiterroriste. Aujourd’hui, nous avons les capacités que nous n’avions pas il y a dix ans. Nous avons une grande reconnaissance aérienne, et un grand système de défense aérienne. Dans la lutte contre le terrorisme, nous utilisons des drones que nous avons fabriqués nous-mêmes. Aujourd’hui, l’ANP fait partie des armées modernes.

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