Société

Où est passé Merzoug Touati ?

L’histoire est sans doute rocambolesque. Le blogueur, Merzoug Touati, incarcéré à la prison de Bejaia depuis janvier 2017, puis transféré samedi dernier à la prison de Bouira, se trouverait finalement dans une autre prison dont ni sa mère, ni ses avocats, ne sont informés pour l’heure.

« La mère de Touati Merzoug s’est déplacée aujourd’hui à la prison de Bouira pour rendre visite à son fils Merzoug. Arrivée sur place, on l’informe que son fils n’est plus à Bouira, mais transféré ailleurs. Et personne n’a pu lui donner le lieu exact de son transfert, on parle sans précision de la prison de Blida », a indiqué Said Salhi, vice-président de la LADDH, citant la mère du détenu.

« Toute une journée à la recherche de son fils alors que d’après elle, on l’a informé à Bejaia qu’il est à Bouira. La cour de Bejaïa lui a même délivré une autorisation de communiquer. Une peine de plus pour la pauvre Maman », déplore-t-il.

Cette opacité sur son lieu d’incarcération suscite des interrogations auprès de sa défense. « Pourquoi lui-a-t-on changé de prison ? Est-il victime de quelque chose ? Ou alors veut-on l’éloigner de Bejaia pour éviter les manifestations de soutien à son égard ? S’agit-il d’une manière de punir sa mère ? », s’interroge Me Salah Dabouze.

Incarcéré depuis janvier 2017, Merzoug Touati a été condamné en appel, en juin dernier, à sept ans de prison ferme « pour espionnage avec des agents étrangers dans l’objectif de porter atteinte à la position diplomatique de l’Algérie ».

Ses avocats ont introduit un pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême. « Pour notre part, nous continuons à suivre de près le dossier, particulièrement l’appel introduit à la Cour suprême. Nous réitérons notre revendication de la libération du blogueur et de tous les détenus d’opinion », soutient Said Salhi.

Une marche, à l’initiative d’un collectif de militants et d’acteurs de la société civile, sera organisée le 20 novembre prochain à Bejaia pour réclamer la libération de Merzoug Touati, mais également dénoncer les violations des libertés et les entraves à l’exercice politique, syndical et à la liberté d’expression.

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