Politique

Ould Abbes : « Le peuple est convaincu de la nécessité du maintien de Bouteflika au pouvoir »

Fini l’époque, pas très lointaine, des allusions au 5ème mandat pour Bouteflika. Le temps est aujourd’hui à l’offensive, voire au forcing. Lors de la conférence de presse animée, ce dimanche 5 août, au siège de son parti conjointement avec Belkacem Sahli, secrétaire général de l’Alliance nationale républicaine (ANR) dans le cadre des échanges avec les responsables de partis, le secrétaire général a crié à qui veut l’entendre que le candidat du FLN pour les présidentielles de 2019 est bien Abdelaziz Bouteflika.

« Libre à tout un chacun de présenter un candidat mais notre candidat à nous, c’est Bouteflika », a-t-il annoncé, sans hésitation aucune. Et à Ould Abbes d’ajouter : « le peuple est convaincu de la nécessité du maintien de Bouteflika au pouvoir », non sans jeter la pierre aux opposants au « 5ème, 6ème ou 7ème mandat qui savent que si Bouteflika se représente il gagnera ». Et comme en politique les mots, comme le ton, ont leur importance, cette déclaration d’Ould Abbes, pleine d’assurance et qui ne souffre aucune ambigüité, peut bien suggérer que la question du 5ème mandat serait tranchée chez Bouteflika.

Jusqu’ici on ne connait pas au secrétaire général du FLN une position aussi tranchée sur la question du 5ème mandat que celle affichée aujourd’hui à la sortie de sa rencontre avec le secrétaire général de l’ANR. Pas loin que le 31 juillet, à l’occasion du sommet entre Ouyahia et Ould Abbes, les deux hommes se sont entendus, et c’est consigné dans un communiqué commun, d’œuvrer de concert pour «soutenir leur candidat, le Président Abdelaziz Bouteflika et lui fournir un appui solide s’il répond favorablement à cette requête».

A l’occasion d’une rencontre avec les militants de son parti à Chlef, en mars dernier, Djamel Ould Abbes était allé jusqu’à nier avoir appelé à un 5ème mandat mais plutôt à la continuité. A y bien regarder, aucun développement politique n’est enregistré depuis sauf bien sûr l’affaire de la saisie des 701 kilos de cocaïne et les secousses provoquées au sein des rouages de l’État mais surtout l’‘’irruption’’ du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Gaid Salah, sur le terrain politique en renouvelant son soutien sans ambages au président Bouteflika.

Ce dimanche, le patron du FLN n’a pas manqué de louer, une nouvelle fois, les réalisations des 20 ans de règne de Bouteflika qui sont, a-t-il dit, « le capital des générations futures ». « La situation économique du pays est bonne malgré la chute du prix du pétrole », a-t-il soutenu. Avant d’ajouter : « nous sommes en train de préparer un programme 2020-2030 qui nous permettra d’affronter toute crise ».

Sur la question de 5ème mandat toujours, Belkacem Salhi a joint sa voix à celle des soutiens de Djamel Ould Abbes en appelant, lui aussi, à « la continuité » dans le but, dit-il, de « préserver la stabilité institutionnelle et sociale ». Une stabilité qui ne rime pas avec « le statu quo », a-t-il précisé, mais plutôt « le mouvement » dans l’optique de préserve les acquis des 56 ans d’indépendance et et des 20 dernières années ». Et à Belkacem Sahli de faire un saut en arrière, en 2011 plus exactement, pour expliquer les raisons qui ont permis à l’Algérie de s’épargner les contrecoups du printemps arabe, à savoir, selon lui, la clairvoyance de Bouteflika.

 

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