search-form-close
Ouyahia : un grand oral prudent et sans annonce importante

Ouyahia : un grand oral prudent et sans annonce importante

Le premier ministre Ahmed Ouyahia a animé, ce samedi 14 avril, une conférence de presse.  Les journalistes conviés à cet événement ont reçu, avant le début de la conférence, un document sur les réalisations du pays durant l’année 2017, laissant croire qu’Ouyahia est venu pour présenter le bilan du président Abdelaziz Bouteflika ou celui de son gouvernement.

Ce n’était pas vraiment le cas, puisque le Premier ministre s’est contenté de quelques minutes pour présenter ce bilan, avant de donner la parole aux journalistes.

Que peut-on retenir de la sortie d’Ahmed Ouyahia, dix jours après le mini remaniement ministériel opéré par le président Bouteflika ? Le Premier ministre, qui a parlé pendant deux heures, n’a pas fait d’annonce importante. Il est resté vague sur certaines questions et peu convaincant sur le chapitre économique.

Une conférence pour combler un vide?

La question est désormais de savoir pourquoi il a organisé cette rencontre avec la presse. D’autant que les apparitions publiques du Premier ministre se faisaient rares ces dernières semaines. L’bsence d’Ouyahia, lors de certaines activités officielles, a nourri les spéculations.  Certains observateurs n’ont pas hésité à parler de disgrâce avec le président de la république. «Je suis le coordinateur du gouvernement, et les ministres sur le terrain ont réglé beaucoup de problème», s’est-il défendu.

Ouyahia a fait savoir qu’en cas de disgrâce, le président pouvait mettre fin à la fonction du premier ministre. Mais Bouteflika ne l’a pas fait. Comprendre: le premier ministre qu’il est ne peut pas être en désaccord avec la présidence et c’est le président qui décide sur tout. Ou encore : Ouyahia n’est pas en disgrâce sinon il aurait été limogé.

A ses adversaires politiques dont ceux qui convoitent sa place,  Ouyahia a laissé entendre que le remaniement ministériel du 4 avril dernier avait comme objectif notamment de mettre fin aux spéculations autour de son départ. Sans toutefois se féliciter de la confiance renouvelée du président Abdelaziz Bouteflika à son égard.

Défendre son bilan ou celui du président?

Subtilement, Ahmed Ouyahia a  vanté son bilan économique, huit mois après avoir dressé un tableau noir de la situation de l’économie nationale. Il a assuré que l’économie algérienne se porte désormais mieux, en promettant une amélioration à la fin 2018. Tout en précisant que cette performance est surtout le résultat du recours au financement non conventionnel.

Pour défendre son bilan ou celui du Président, il a cité le budget d’équipement qui a doublé par rapport à 2017, le dégel de 1500 projets, des investissements publics de 3300 milliards de dinars, la création de 563000 emplois, ainsi que le projet d’une nouvelle usine sidérurgique avec les Emiratis à El Hadjar.

Le premier ministre a affirmé que contrairement aux prédictions des experts économiques qui ont mis en garde contre le danger inflationniste, l’inflation a baissé ces derniers mois.

Et sur les «défaillances» de son gouvernement notamment sur la liste des produits interdits à l’importation, qui a été révisée plusieurs fois, Ouyahia a relativisé en affirmant que personne n’était parfait.

Cap sur 2019

Sur la présidentielle de 2019, une chose est désormais sûre: Ouyahia ne sera pas « fâché» si le président Boutefika décide de briguer un cinquième mandat.

Sans imiter Ould Abbas qui a appelé ouvertement le Président à poursuivre à poursuivre son œuvre, Ouyahia a glissé qu’il “sera content si le président se représente en 2019».

Mais, contrairement au chef du FLN, le premier ministre ne semble pas vouloir griller les étapes. «On est le 14 avril, le 17avril, le président entamera la cinquième année de son quatrième mandat, laissez le présider le pays», a-t-il plaidé.

Une réponse à peine voilée au Secrétaire général du FLN Djamel Ould Abbas, qui au nom du parti a appelé le président «à poursuivre son œuvre». Même s’il n’a pas manqué de qualifier le patron du FLN «d’ami»,  la relation  entre les deux hommes parait de plus en plus tendue.

Le premier ministre a, en effet, été pris de court par le patron du FLN qui a installé une commission chargée de recenser les réalisations du président depuis 1999.

Ould Abbes ne se gène pas non plus à se substituer aux institution du pays, en faisant  parfois des annonces à la place du premier ministre et en jouant les intermédiaires pour régler les conflits sociaux comme ce fut le cas pour  la grève des enseignants du Cnapeste.

Dans ses habits de premier ministre Ahmed Ouyahia a été globalement mesuré et prudent dans ses réponses, excepté ses attaques contre le quotidien El Khabar, à qui il a reproché d’avoir le camp de l’opposition.

“Vous n’êtes plus un journal”, a-t-il lancé au journaliste du quotidien arabophone qui a voulu savoir si la dernière visite de Bouteflika à Alger était un adieu aux Algériens, ou le début de la campagne pour le 5eme mandat.

close