Politique

Panel de dialogue : « L’échec est très probable »

Le panel de dialogue et de méditation essuie les refus de plusieurs personnalités dont Hamrouche et Bouchachi ? Est-il d’ores et déjà voué à l’échec ?

Mohamed Hennad, politologue. Sans en avoir à se réjouir, ça a tout l’air d’un flop. À cause de l’improvisation, semeuse de doutes ! Qui plus est, beaucoup, au sein du Hirak pensent qu’il s’agit d’une trahison que de faire partie de ce panel à cause de l’opacité ambiante. Il n’est pas normal qu’un membre, Lalmas en l’occurrence, déclare, déjà, qu’il ne connaissait pas d’autres membres avant la réception de Bensalah.

Il pourrait y avoir anguille sous roche, notamment à cause de la présence de cet ex-sénateur, Lazhari Bouzid, qui pose problème parce que ce monsieur a été toujours mêlé à toutes les sauces constitutionnelles du régime depuis 1996.

Quant au refus de Hamrouche de se joindre à l’équipe, c’était prévisible, au même titre que les autres personnalités, trop nombreuses, dont l’invitation a été inopportune sauf si pour prendre les citoyens à témoins en vue de gagner en crédibilité.

Qu’est ce qui n’a pas marché dans la démarche de Karim Younès et des membres du panel ?

L’impréparation surtout, et les faux-fuyants. Les déclarations de trois personnes pressenties mais non choisies à la fin sont assez éloquentes à ce propos. Il s’agit de Nacer Djabi, Islam Benattia et Said Salhi. Et puis, de mon point de vue, l’absence de quelqu’un comme M. Bouchachi du panel devrait, aussi, poser problème.

L’éventuel échec du panel compliquerait-il la posture déjà pas très confortable du pouvoir ?

L’échec est très probable, non seulement pour le pouvoir, habitué à ça, mais surtout pour le panel. D’abord à cause du très mauvais départ, ensuite à cause ce qui me parait comme un malentendu entre le pouvoir et le panel. Pour ma part, je pense que, tôt ou tard, il y aura une confrontation puis divorce !

Pour le pouvoir, il s’agit, ni plus ni moins, de la préparation d’une élection présidentielle, « incontestée et incontestable » dans les « meilleurs délais possibles ».

Or, il semble que pour le panel, cette élection ne saurait être que le couronnement de leur mission qu’il devra pouvoir exécuter en toute souveraineté par rapport à tout le monde, pouvoir compris.

Il y a aussi un autre problème, celui du caractère « inclusif » que le pouvoir exige du dialogue national. Sauf qu’il est fort à parier que peu de membres du panel accepteront de s’asseoir à la même table que les parties de la bande qui a ruiné le pays !

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