
Les services marocains sont des habitués des pratiques malsaines, notamment en Europe où ils sont régulièrement mis en cause pour corruption, espionnage et autres faits délictuels.
Le dernier cas en date a lieu aux Pays-Bas, où un employé d’un service de contre-espionnage est pris en flagrant délit d’espionnage au profit du Maroc. Son procès est en cours et il risque jusqu’à 15 ans de prison.
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Les observateurs locaux évoquent un “cas unique” et un des “plus grands scandales de sécurité de ces dernières décennies”.
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Selon le média local Dutch News, le dénommé Abderrahim el M. travaillait pour l’unité antiterroriste néerlandaise NCTV, notamment sur les affaires de salafisme et du djihadisme. En 2023, l’unité de renseignement intérieur AIVD l’a pris en flagrant délit.
Il a été filmé en train d’imprimer et d’emballer des informations classifiées. Les documents étaient destinés aux services de renseignement marocains pour lesquels le mis en cause travaillait depuis au moins 2020.
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Pays-Bas : des documents confidentiels contre des séjours au Maroc
Le ministère de la justice a été alerté et l’espion a été arrêté quelques instants avant de s’envoler pour le Maroc à l’aéroport de Schiphol-Amsterdam. Il avait en sa possession 928 documents, dont 345 provenant du service secret AIVD et 65 du service de renseignement militaire MIVD.
Le contenu des documents n’a pas été révélé. Le média Dutch News estime qu’il s’agirait très probablement des analyses de l’AIVD et du MIVD, “notamment un rapport sur les activités des services de renseignement marocains aux Pays-Bas et une liste de numéros de téléphone de combattants marocains de Daech”.
Devant la justice, le suspect a tenté de nier, assurant qu’il n’avait “en aucun cas transmis de secrets d’État à qui que ce soit”.
Mais il est accablé par les preuves, notamment les images le montrant en train d’imprimer des documents, les documents trouvés en sa possession avant d’embarquer pour le Maroc et les courriels qu’il a échangés avec les services de renseignement marocains.
Les enquêteurs ont aussi trouvé les traces d’une pratique courante chez les services marocains dans ce genre d’affaires : en guise de récompense, ils ont financé de fréquents voyages au Maroc pour le suspect et sa famille. S’il est reconnu coupable, le dénommé El M. risque jusqu’à 15 ans de prison.