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« Pays frères » contre l’Iran : quand le Golfe accepte ce que l’Europe refuse

Dans la guerre américano-israélienne, Soufiane Djilali, ex-président de Jil Jadid pointe un paradoxe entre l’Europe et les pays du Golfe.

« Pays frères » contre l’Iran : quand le Golfe accepte ce que l’Europe refuse
Guerre en Iran : les positions paradoxales de l'Europe et des pays du Golfe. / Par Zerophoto / Adobe Stock
Riyad Hamadi
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Comme la guerre de Gaza, celle que mènent depuis samedi 28 février Israël et les États-Unis contre l’Iran a mis les pays arabes de la région dans une posture paradoxale, en laissant Washington et Tel-Aviv utiliser leur territoire et leur espace aérien pour les opérations contre Téhéran au moment où de nombreux pays occidentaux le refusent catégoriquement.

Donald Trump ne cache pas sa colère contre les dirigeants de nombreux pays occidentaux qui ont refusé de se joindre à sa guerre contre l’Iran, jusqu’à envisager sérieusement le retrait des États-Unis de l’Otan.

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Le dépit du président américain est tel qu’il s’est laissé aller à des attaques ad-hominem contre le président français Emmanuel Macron.

« Ce n’est pas notre guerre »

Donald Trump a révélé que la France n’a pas autorisé des avions à destination d’Israël, chargés d’équipement militaire, à survoler son territoire. Emmanuel Macron n’a pas démenti.

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 “C’est tout à fait vrai que la France, qui n’a pas été consultée et qui ne fait pas partie de cette offensive militaire lancée par les États-Unis et Israël, n’y prend pas part”, a répondu le président français depuis le Japon.

“Ce n’est pas notre guerre” et le Royaume-Uni “n’y sera pas entraîné”, a insisté pour sa part le Premier ministre britannique Keir Starmer lorsque Trump a menacé de retirer son pays de l’Otan.

Sans surprise, l’Espagne, principal pourfendeur européen d’Israël dans sa guerre contre Gaza, est l’un des premiers pays de l’Occident à signifier un niet à Donald Trump dans sa tentative d’entraîner l’Europe dans l’offensive contre l’Iran.

Madrid a pris la décision de ne pas autoriser l’armée américaine d’utiliser ses bases en Espagne et son espace aérien pour des actions en lien avec la guerre en Iran. Une seule exception est concédée par le gouvernement de Pedro Sanchez : le transit ou l’atterrissage des avions de guerre américains est possible seulement en cas d’urgence.

Trump n’a pas eu plus de succès auprès de l’Italie, un autre grand pays occidental.

Des avions de guerre américains ont demandé l’autorisation d’atterrir, mais comme il n’y avait pas assez de temps pour consulter le Parlement, “la demande a donc été refusée”, a indiqué une source du ministère de la Défense italien.

La posture inconfortable des pays du Golfe face à la Guerre contre l’Iran 

A Rome, on rappelle qu’en vertu des accords bilatéraux, l’armée américaine peut utiliser les bases italiennes uniquement à des fins logistiques. Pour les missions de combat, l’aval du gouvernement est nécessaire.

La même fin de non-recevoir est signifiée à Washington par l’Autriche et la Suisse.

Pris au dépourvu par la résilience de l’Iran et le contrôle total que ce pays parvient à maintenir sur le détroit d’Ormuz, Donald Trump a appelé ses alliés occidentaux à s’impliquer directement dans le conflit.

Tous ont refusé, y compris quand le président américain les a invités à participer à libérer le détroit d’Ormuz dont le blocage perturbe grandement les livraisons mondiales de pétrole et de gaz.

Quand ils ont décidé unilatéralement d’attaquer l’Iran, le président américain et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou n’ont prévu ni la capacité de résistance que montre Téhéran ni le refus des leurs “alliés” occidentaux de les aider en cas de difficulté.

La seule aide inconditionnelle qu’ils perçoivent vient paradoxalement des pays de la région. Du moins, les États du Golfe n’ont pas émis la moindre objection à l’utilisation par l’armée américaine des bases qu’elle occupe en Arabie Saoudite, aux Emirats arabes unis, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Jordanie et en Irak. Comme l’a montré l’Espagne, l’autorisation ou non de l’utilisation par les États-Unis de ses bases militaires à l’étranger relève de la souveraineté des États qui les abritent.

Mieux, les systèmes de défense anti-aérienne des monarchies arabes se sont transformés en bouclier contre les missiles iraniens qui ciblent le territoire Israélien et les bases américaines. Les débris des projectiles interceptés tombent sur les villes de la région, semant la panique parmi la population et faisant fuir touristes et investisseurs. Sans compter l’immense manque à gagner de l’industrie pétrolière et gazière.

Dans leur communication, les États du Golfe font prévaloir leur “neutralité” et dénoncent les tirs iraniens comme une agression contre leur territoire. Une présentation des faits qui est loin d’être partagée par tous les observateurs.

A l’instar de Soufiane Djilali, l’ancien président du parti algérien Jil Jadid, qui a posé sur X ces questions pertinentes : « Plusieurs pays européens refusent d’ouvrir leur espace aérien aux avions militaires US engagés dans la guerre contre l’Iran. Pourquoi les pays « frères » laissent-ils leur territoire être une base d’attaque ? Peuvent-ils invoquer leur neutralité dans ce conflit ? ». La neutralité dans un conflit implique en effet de ne pas apporter la moindre forme de soutien à l’un des belligérants.

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