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Présidentielle : Louisa Hanoune temporise

Présidentielle : Louisa Hanoune temporise

Participera, ne participera pas ? Au lendemain de la convocation du corps électoral, le Parti des travailleurs (PT) n’a toujours pas tranché sur sa participation ou non à la présidentielle du 18 avril 2019. Le parti ne semble pas particulièrement pressé sur le sujet.

« Le Bureau politique, élu par le comité central lors de sa première session, va se réunir à la fin de la semaine prochaine pour débattre de l’assemblée constituante et approuvera, après amendement, le texte actualisé. En même temps, il abordera la question des présidentielles sans pour autant trancher sur la participation ou non », a annoncé, ce samedi 19 janvier, Louisa Hanoune, porte-parole du PT. « Mais cela ne veut pas dire qu’il ne prendra pas des mesures organisationnelles pour que le parti soit prêt à toute éventualité. Au regard de la complexité de la situation et le contexte anormal dans lesquels est la présidentielle, la décision sera une prérogative du comité central qui est l’instance dirigeante élue par le congrès », a-t-elle précisé.

Ceci dit, Mme Hanoune a estimé que la convocation par le président de la République du corps est une décision qui participe à la clarification de la situation. « Le président a convoqué le corps électoral. C’est vrai, c’est là un facteur de clarification de la situation politique générale. Mais les questions légitimes demeurent posées », a-t-elle nuancé.

La porte-parole du PT s’est interrogée sur la présidentielle d’avril prochain : « Se tiendra-t-elle dans la sérénité, c’est-à-dire dans le cadre de conditions permettant d’aller vers le renouveau politique et la transformation démocratique ou alors, au contraire, un scrutin qui ouvre la porte devant le chaos, c’est-à-dire l’anarchie et même l’intervention étrangère comme produit du déni de la souveraineté populaire et du déni des conditions nécessaires à la transparente des élections ? ».

Louisa Hanoune s’en est pris au ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Noureddine Bedoui, qui a assuré que son département était « prêt » pour les présidentielles. « On est prêt à quoi ? S’agit-il d’être prêt comme pour les précédents scrutins pour le maintien du statu quo mortel par le biais du trafic des résultats ? Si tel est le cas n’allons-nous pas vers l’irrémédiable ? », s’est-elle interrogée.

À l’évidence, Louisa Hanoune nourrit des appréhensions sur le prochain scrutin et estime que « les conditions politiques ne sont pas réunies jusqu’à aujourd’hui pour des élections transparentes ».

Pour ce faire, la responsable du PT pose un certain nombre de conditions : la modification de fond de la loi électorale, l’interdiction de l’intrusion de l’argent dans le processus électoral pour que, dit-telle « soit consacrée égalité des chances entre les différents candidats par le financement public et exclusivement », la mise en place d’une instance pour le contrôle des élections qui sera réellement indépendante qui prend en charge le scrutin du début jusqu’à l’annonce des résultats finaux.

« Le fichier électoral doit être public comme dans tous les pays. Il n’a rien d’un secret d’Etat. Il ne doit pas y avoir d’intervention ni de l’administration, ni des centres de décision, ni d’une institution sécuritaire ou militaire. Les juges chargés des opérations électorales ne doivent subir aucune pression », insiste-t-elle. Ces préalables sont, de l’avis de Louisa Hanoune, de nature à « redonner confiance dans l’acte de voter aux citoyennes et aux citoyens et d’immuniser le pays contre toute interférence étrangère ».

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