Politique

Procès des frères Oulmi : des employés de Sovac réagissent

Les employés de Sovac ont organisé ce samedi un sit-in devant le Tribunal de Sidi M’hamed d’Alger, pour réclamer la libération de leur patron Mourad Oulmi.

Cette action s’ajoute à une déclaration écrite en réaction au procès des propriétaires de la société, Mourad et Khider Oulmi et au réquisitoire du procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed.

Celui-ci a requis jeudi 18 juin de lourdes peines à l’encontre des Frères Oulmi et d’anciens hauts responsables de l’État, dont l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia.

Dans une déclaration, les employés de Sovac, représentant en Algérie des marques du groupe allemand Volkswagen, prennent la défense de leur patron et estiment que celui-ci a présenté au cours du procès « toutes les preuves » de la conformité de l’investissement (usine Sovac de Relizane) avec la réglementation en vigueur.

Dans leur déclaration, les employés reviennent sur les griefs retenus contre les frères Oulmi et la société. D’abord, le fait que Sovac ne disposait pas d’au moins trois années d’expérience dans le domaine automobile.

« Questionné par la Juge à ce sujet, Mourad Oulmi a immédiatement présenté les preuves que sa société, représentant du Groupe Volkswagen depuis 2003, avait obtenu son agrément en 2009, puis en 2011 et à nouveau en 2016. Mourad Oulmi s’est montré étonné, car il a remis ces mêmes preuves aux enquêteurs il y a plus d’une année, mais elles ne semblent pas avoir été prises en compte », écrivent-ils.

À l’accusation d’avoir fourni un dossier incomplet pour la demande d’agrément, Mourad Oulmi a, toujours selon ses employés, « présenté une copie du dossier complet, déposé aux services du ministère de l’Industrie et des Mines, Boulevard Colonel Bougara à Alger, avec accusé de réception (…) Or, au terme de la période réglementaire, aucune réserve n’a été émise concernant le dossier déposé, et aucun agrément n’a été émis à aucun opérateur à ce jour ».

Les employés récusent aussi le grief d’avoir produit à des modèles non autorisés par le CNI. Mourad Oulmi, soulignent-ils, a expliqué à la barre que la société « n’a pas à demander l’avis du Conseil à chaque fois qu’un nouveau modèle sort ».

Concernant le taux d’intégration, la réglementation exige qu’il atteigne 15% au bout de trois ans, or, Oulmi, écrivent ses employés, a expliqué que lorsqu’il a été arrêté, il lui restait encore un an et demi pour atteindre ce taux.

Pour le crédit accordé par le CPA (3 milliards DA), « nous avons appris lors de l’audience des cadres du CPA que ce crédit avait été intégralement remboursé, et qu’il avait permis au CPA de générer d’importants profits », assurent les employés de Sovac.

Ils signalent aussi que la défense « a formellement demandé à la Présidente de ne pas prendre en compte les résultats de l’expertise effectuée par le Ministère des Finances, faisant état de milliards de centimes de pertes pour l’État. Des contre‐expertises indépendantes semblent avoir en effet démontré qu’elle était pleine d’erreurs, causées par des malencontreux copier‐coller des dossiers Larbaoui et Tahkout, et que les résultats des calculs étaient souvent basés sur des taux erronés (taux de change, droits de douane pour les véhicules importés de l’Union Européenne, etc.) ».

Le procureur de la République a pour rappel requis notamment 15 et 12 ans de prison ferme respectivement contre Mourad et Khider Oulmi, 15 ans contre Ahmed Ouyahia et 12 ans contre Youcef Yousfi, ancien ministre de l’Industrie.

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