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Purge en Arabie saoudite : nouvelles libérations, le sort de Ben Talal inconnu

Les autorités saoudiennes ont relâché Walid al-Ibrahim, propriétaire du réseau satellite arabe MBC, près de trois mois après son arrestation dans le cadre d’une vaste opération anticorruption visant des hautes personnalités du royaume, ont indiqué vendredi à l’AFP des sources concordantes.

Walid al-Ibrahim figurait parmi les quelque 350 personnalités du monde politique et des affaires, placées en détention en novembre, notamment dans le grand hôtel Ritz-Carlton de Ryad, dans le cadre d’une campagne lancée le 4 novembre par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le gouvernement a également relâché plusieurs autres personnalités, dont Khaled Tuwaijri, ex-chef de la cour royale, et Turki ben Nasser, ancien dirigeant de l’agence de météorologie du pays, a indiqué une source proche du gouvernement.

Walid al-Ibrahim a organisé une réunion de famille dans sa résidence après sa remise en liberté, ont indiqué à l’AFP sous couvert d’anonymat trois des employés de MBC.

Les conditions de sa libération ne sont pas connues et le gouvernement n’a fait aucun commentaire. Selon le Financial Times, Walid al-Ibrahim a accepté d’abandonner le contrôle de MBC (Middle East Broadcasting Company), l’un des réseaux satellites les plus influents dans le monde arabe.

Le gouvernement avait auparavant affirmé que la plupart des personnes libérées avaient accepté un arrangement prévoyant des contreparties financières. Le procureur général de l’Arabie saoudite a estimé que depuis plusieurs décennies au moins 100 milliards de dollars ont été détournés ou utilisés à des fins de corruption.

D’autres personnalités ont également été libérées ces dernières semaines: le prince Metab ben Abdallah, fils du défunt roi Abdallah, ancien chef de la puissante Garde nationale saoudienne, limogé avant son arrestation.

Mais le sort de la plus haute personnalité arrêtée, le prince milliardaire Al-Walid ben Talal, qui détient 95% de Kingdom Holding Co, société ayant des intérêts notamment dans les géants américains Citigroup et Apple, n’est pas connu.

Ces accords financiers devraient aider le gouvernement à financer un plan d’un coût de plusieurs millions de dollars visant à aider les citoyens face à la hausse du coût de la vie, a déclaré mercredi sur Al-Arabiya le ministre saoudien des Finances qui se trouvait à Davos.

Certains ont vu dans la purge une tentative du prince Mohammed de consolider son pouvoir.

Mais les autorités saoudiennes insistent sur le fait que la purge visait uniquement à s’attaquer à la corruption endémique, alors que le royaume cherche à diversifier son économie largement dépendante du pétrole.

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