Sport

Qatar : après le fiasco des Mondiaux d’athlétisme, des appels au boycott du Mondial 2022

Depuis quelques jours, des voix s’élèvent en France afin d’appeler au boycott par l’équipe de football tricolore de la prochaine Coupe du monde 2022 prévue au Qatar. Deux responsables politiques français ont notamment signé une tribune publiée ce jeudi par le journal Le Monde demandant à leur équipe nationale de football de ne pas aller au Qatar en 2022, citant le « spectacle affligeant des championnats du monde d’athlétisme à Doha » et les « pratiques corruptives de ce pays ».

« Nous voulons aujourd’hui tirer un signal d’alarme sur les conditions d’organisation de certains grands événements sportifs internationaux, car certaines réalités ne sont plus supportables : l’organisation par le Qatar de la Coupe du monde de football 2022 fait partie de celles-ci », alertent les signataires de cette tribune, Jean-François Debat et Régis Juanico.

« Lorsque le Qatar a été choisi, à la stupeur générale, pour organiser cette compétition, chacun s’est demandé pour quelles raisons ce choix avait été fait. On se souvient des polémiques et des soupçons qui ont entaché cette décision, surprenante pour tous les sportifs », rappellent le maire de Bourg-en-Bresse et le député de la Loire.

« Faut-il rappeler qu’en France le Parquet national financier (PNF) a ouvert, en 2016, une enquête préliminaire pour « corruption privée », « association de malfaiteurs », « trafic d’influence et recel de trafic d’influence » autour des conditions d’attribution, par la Fédération internationale de football (FIFA), des Coupes du monde de football 2018 en Russie et 2022 au Qatar ? », interpellent les responsables.

Les signataires de la tribune pointent également du doigt le caractère jugé catastrophique de l’organisation des mondiaux de l’Athlétisme ayant débuté le 27 septembre dernier à Doha, capitale du Qatar. « Ce devait être un moment de gloire pour le Qatar, et la preuve que le richissime émirat pouvait organiser la Coupe du monde de foot en 2022. Mais les premiers jours des Mondiaux d’athlétisme de Doha ont tourné à l’humiliation publique pour l’émirat et la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) », rapporte Mediapart, indiquant que l’évènement a été miné par les athlètes accablés par la chaleur, des stades vides, et autres problèmes logistiques.

« On voit tous que c’est une catastrophe, qu’il n’y a personne dans les tribunes, […] la chaleur n’est pas du tout adaptée », a dénoncé le champion du monde du décathlon en titre, le Français Kevin Mayer, cité par Mediapart. « On n’a pas vraiment mis les athlètes en avant en organisant les championnats ici, on les a mis en difficulté », a-t-il déploré.

Les organisateurs n’auraient vendu que 12 % des places disponibles, rapporte The Guardian, La finale du 100 mètres, l’épreuve reine des Mondiaux, s’est même déroulée samedi devant quelques milliers de spectateurs seulement. Les Mondiaux ont également été marqués par un nombre record d’abandons d’athlètes, causé par une chaleur suffocante même la nuit.

« On est sous une chape de plomb où on étouffe. J’espère vraiment qu’un jour les instances auront l’intelligence de repenser aux athlètes et pas forcément à l’argent et au business, parce que là, pour le hors stade, on est des cobayes », a dénoncé l’athlète français Yohann Diniz, cité par la même source.

« Comment aujourd’hui, au XXIe siècle, on peut encore confier l’organisation de grands événements sportifs planétaires au Qatar, au mépris des respects des règles élémentaires des droits de l’homme, des règles éthiques, des règles sociales et environnementales ? », a dénoncé Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse.

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