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Qu’est-ce que la planche à billets et quels sont ses risques ?

À travers cette option, un nouveau contexte économique s’installe qui est d’abord celui d’une rareté des ressources financières. C’est l’endettement interne qui est en train de se développer sans qu’on y ait vraiment pris garde.

Le Conseil des ministres a adopté, mercredi 6 septembre, un projet de loi portant amendement de la loi sur la Monnaie et le crédit introduisant le recours au financement non conventionnel. Selon le gouvernement, cette réforme permettra à la Banque d’Algérie de prêter directement au Trésor public « afin de permettre à ce dernier de financer les déficits du budget de l’État, de financer la dette publique interne et d’allouer des ressources au Fonds national de l’investissement ».

L’argent prêté au Trésor public devant bien provenir de quelque part, la Banque d’Algérie devra ainsi recourir à un processus de création monétaire. Si autrefois il s’agissait d’imprimer systématiquement de l’argent à travers une planche à billets (d’où le terme), la création monétaire s’effectue de nos de jours de manière scripturale, c’est-à-dire sous forme électronique dans les ordinateurs de la Banque centrale algérienne. Il s’agira de jeu d’écriture entre la Banque centrale et le Trésor public.

Contrairement à une idée reçue, les citoyens ne devraient donc pas voir la quantité de billets de banque augmenter de manière massive. Cependant, lorsque le mécanisme est utilisé de manière irresponsable par exemple, faire tourner la planche à billets fera que les billets en circulation perdront de leur valeur. Tout en restant le même billet, un billet de 1000 dinars avant le recours à la planche à billets pourrait ainsi par exemple valoir 700 dinars, ou 500 dinars en pouvoir d’achat, après le processus de création monétaire. Pourquoi ?

Pour une économie qui fonctionne normalement, la quantité d’argent qui circule doit correspondre aux besoins de l’économie afin de consommer la quantité de biens et de produits en circulation. En temps de crise économique, la Banque centrale peut décider d’augmenter l’argent en circulation pour tenter de relancer la croissance. Les banques privées disposeront ainsi d’argent pour prêter aux ménages et aux entreprises afin de doper la consommation et l’investissement. Un cycle économique vertueux est ainsi lancé.

Mais le cas de l’Algérie est différent. La décision de faire appel au financement non-conventionnel a pour objectif prioritaire de voir le financement de la Banque centrale servir au profit du Trésor public, donc de couvrir artificiellement les déficits des comptes publics de l’État. Ces derniers sont toujours mis à rude épreuve par la chute drastique des revenus suite à l’effondrement des cours des hydrocarbures, seule source de revenus de l’État algérien face à l’absence de diversification et le maintien à un niveau élevé des dépenses publiques.

Compte tenu du fait que la planche à billets tournera pour couvrir les déficits sans avoir pour rôle de relancer l’économie, la conséquence directe de la décision du gouvernement sera logiquement une hausse significative du taux d’inflation dans les mois à venir, accompagnée d’une forte baisse du pouvoir d’achat. En effet, si une plus grande quantité d’argent circule dans l’économie algérienne sans contrepartie de création de richesse, c’est la valeur de la monnaie qui devient moindre. Inévitablement, ce seront une nouvelle fois les couches les plus défavorisées qui subiront en premier le choc de l’impact de cette mesure.

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