search-form-close
Rachid Nekkaz, le nouvel homme à abattre ?

Rachid Nekkaz, le nouvel homme à abattre ?

Immédiatement après la fin du rassemblement de ses partisans sur l’esplanade de la place Emir Abdelkader à Alger ce samedi, Rachid Nekkaz a été « emmené » par la police chez lui, à Chlef, a déclaré son directeur de campagne.

Il ne s’agit pas d’une arrestation, a précisé Lotfi Derradji sur sa page Facebook. « Ils l’ont pris illégalement. Il est en ce moment en route pour la ville d’Aïn Merane, dans la wilaya de Chlef. C’est inadmissible et inacceptable », a-t-il dénoncé.

| LIRE AUSSI : VIDÉO : Rachid Nekkaz interpelé par la police à Alger

Le directeur de campagne a annoncé en outre le report conséquemment à cet imprévu des sorties de demain à Tizi-Ouzou et dans d’autres wilayas. « Rachid va revenir, on donne rendez-vous aux populations de Tizi-Ouzou, de Béjaïa, d’Akbou, de Oued Souf », a-t-il dit, sans préciser de dates.

Avant d’être embarqué par la police, Rachid Nekkaz avait réussi un incroyable show au cœur d’Alger. Venu pour la collecte des parrainages pour sa candidature, Nekkaz a été accueilli par une immense foule qui a rempli toute la place Émir Abdelkader et une bonne partie de la rue Labri Benm’hidi. Une foule qui n’a pas été dissuadé par la forte présence policière sur les lieux, avec le déploiement de forces anti-émeutes. Son Live sur Facebook a été également largement suivi.

Avant de venir à Alger, il était en périple dans l’Est du pays où ses rassemblements ont connu le même succès à Khenchela, Tébesssa, Souk Ahras, Annaba, Constantine, Batna, Mila… « Ils n’ont pas digéré le fait de voir Nekkaz porté par les Algériens sur leurs épaules. Ils n’admettent pas que les Algériens s’intéressent à la politique et font confiance à un homme politique », dénonce Derradji en brandissant la Une de l’édition d’El Watan de ce samedi, montrant un Nekkaz porté en triomphe par la foule.

Il faut dire que personne n’a vu venir le succès sans cesse grandissant de ce jeune émigré. Son agitation, qui a commencé il y a quelques années, n’a jamais été prise au sérieux. En 2014, il a tenté de se présenter à l’élection présidentielle mais il n’avait pas pu déposer ses parrainages au Conseil constitutionnel. Il avait annoncé le vol de son dossier sur la route, à Boumerdès, mais les autorités avaient démenti.

Il tente l’expérience de nouveau à l’occasion de la présidentielle de 2019, mais entre-temps, la Constitution a été révisée, en 2016, et dispose désormais que les candidats doivent prouver qu’ils n’ont pas possédé par le passé une autre nationalité. Cette disposition est aujourd’hui interprétée comme une tentative de barrer la route légalement à Nekkaz qui possédait la nationalité française, à laquelle il a renoncé. On ne sait pas quelle décision prendra le Conseil constitutionnel concernant sa candidature, ni quelle sera la réaction de ses partisans si elle venait à être rejetée.

Mardi dernier, le maire de Khenchela avait procédé à la fermeture de la mairie au moment où Nekkaz était venu faire légaliser ses parrainages. Mais la forte mobilisation de la population a amené le maire à céder. Ce dernier fut d’ailleurs suspendu le soir même par le wali, sans doute à cause de l’arrachage et le piétinement du portrait de Bouteflika, considéré comme la conséquence de son geste zélé.

Hormis cet incident et son agression à Tlemcen, le candidat a pu faire des virées aux quatre coins du pays où il a pu collecter les signatures et improviser des bains de foule. Du moins, il n’a pas signalé lui-même des entraves. Mais avec ce qui s’est passé cet après-midi, on se demande si les embûches n’ont pas commencé pour lui.

Ces dernières semaines, c’est l’autre candidat, Ali Ghediri, qui a dû faire face à des entraves au niveau de certaines APC. Le 6 février, il a même annoncé avoir été empêché de se rendre à l’enterrement de l’ancien ministre délégué à la Défense, Abdelamlek Guenaizia. Depuis, le général-major à la retraite semble essoufflé.

Rachid Nekkaz, qui arrive à mobiliser chaque jour des foules impressionnantes, est-il devenu le nouvel homme à abattre ? Peut-être, mais on se demande s’il n’est pas déjà trop tard. L’homme a montré qu’il a des troupes, ce qui semble manquer à Ali Ghediri.

close