Économie

Raouya : « L’État ne pourra pas financer son déficit budgétaire à partir de 2023 »

« L’État ne pourra pas financer le déficit du budget à partir de 2023 », a prévenu ce lundi 19 novembre le ministre des Finances Abderrahmane Raouya devant les membres de la commission des Finances du Sénat.

Le financement non-conventionnel a été adopté « sur une période exceptionnelle de 5 ans, de 2017 à 2023 », a rappelé le ministre qui « souhaite qu’il n’y ait pas de déficit à l’avenir », selon le rapport préliminaire du Sénat sur le projet de Loi de finances 2019.

« Le financement non-conventionnel est temporaire selon la Loi de la monnaie et du crédit modifiée et complétée, c’est pour cela que les équilibres économiques sur la période 2019-2021 seront caractérisés par la stabilité afin de pouvoir entrer après l’année 2021 dans la phase de croissance, ce qui permettra de compter sur les ressources financières traditionnelles par la création de richesses nationales », a expliqué le ministre.

Quant à l’établissement du prix de référence du baril à 50 dollars dans le projet de Loi de finances 2019, M. Raouya a indiqué que c’est « une mesure de prudence » imposée par « les fluctuations que connaissent les prix du pétrole influencés par des facteurs économiques et géopolitiques ».

Pour le ministre, « il n’est pas possible de les contrôler (les prix du pétrole) ni de les prédire de façon objective au moyen ni même au court terme ».  Selon lui, des analyses montrent que les prix du pétrole peuvent reculer en 2019, « à cause du déséquilibre entre l’offre et la demande et de la remise en question des accords entre États membres de l’Opec et la Russie ainsi que l’entrée progressive sur le marché de la Libye et de l’Irak ».

Le cap maintenu sur le ciblage des subventions

Il ressort du rapport du Sénat que le gouvernement maintient le cap sur le ciblage des subventions. « Une étude précise et exhaustive est nécessaire pour identifier les classes pauvres », a expliqué à ce sujet le ministre qui a indiqué que deux groupes de travail ont été installés dans ce but. « Un au ministère des Finances pour préparer des outils nouveaux pour instaurer un système de subventions orientées vers les classes dans le besoin et qui se substituera au système de subventions généralisées ».

Le deuxième groupe de travail a été installé « au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales pour établir une cartographie sociale des habitants et ce, en association avec un nombre de secteurs ministériels et avec l’aide d’agences internationales », selon le ministre.

Il a précisé que le montant des transferts sociaux prévus dans le projet de Loi de finances 2019 s’élève à 1772,5 milliards de dinars, soit 8,2% du PIB. « Les aides aux familles, logement, santé représentent 64 ,1% des subventions globales », a-t-il encore précisé, ajoutant que « le soutien aux familles atteindra 445,5 milliards de dinars », et « celui destiné aux produits alimentaires (céréales, sucre, lait et huile alimentaire) est de 208,5 milliards de dinars ».

« L’État, à travers les subventions, vise toujours à soutenir le pouvoir d’achat du citoyen, une volonté traduite par l’augmentation du montant alloué à cette dépense qui a atteint les 208 milliards de dinars, soit 12% des transferts sociaux directs et plus de 4% du budget de fonctionnement », a indiqué le ministre.

Toujours à propos du pouvoir d’achat des Algériens, Raouya a révélé que « des mesures seront prises pour faire baisser les prix élevés à cause de la spéculation ».

Parmi les solutions qu’il propose figure « le programme de réalisation de nouveaux marchés de gros et de proximité afin d’encadrer les réseaux de distribution des fruits et légumes ».

Levée du gel de 2578 projets d’investissements

Questionné par les membres de la commission des Finances du Sénat sur les projets gelés, le ministre a répondu qu’« en vue de l’évolution positive des ressources financières, les autorités publiques ont décidé la levée du gel des projets prioritaires et territoriaux ».

« Sur la période 2015-2018, le gel a été levé sur un programme d’investissement d’une valeur totale de 633,4 milliards de dinars (2578 projets), ce qui représente plus de 28% du programme d’investissement reporté », a détaillé le ministre qui a expliqué que les trois secteurs prioritaires qui sont la Santé, l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur représentent 83% des projets dont le gel a été levé.

« La levée du gel des projets se poursuivra et sera liée à la situation des finances de l’État et l’importance qu’a le projet », a ajouté M. Raouia.

Quant à l’émission de nouveaux billets de 1000 et 500 dinars, le ministre des Finances a expliqué que c’est une « opération classique » et un « remplacement progressif des billets de banque anciens pour éviter l’inflation ».

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