Politique

Récupération de l’argent détourné à l’amiable : le PM s’explique

Eclairage utile du Premier ministre à propos de « l’adoption d’un mode de règlement à l’amiable garantissant la récupération des biens détournés », contenue dans le plan d’action de son gouvernement.

Beaucoup avaient conclu à la volonté des autorités algériennes de négocier avec les oligarques de l’ère Bouteflika et leur accorder des réductions de peine contre la restitution de l’argent indûment gagné.

En répondant aux remarques des députés à propos du plan d’action, Aymane Benabderrahmane a apporté une précision de taille ce jeudi 16 septembre.

L’option envisagée ne concerne pas les personnes physiques, a indiqué le Premier ministre. Les oligarques et toutes les personnes jugées et emprisonnées pour corruption et détournement de l’argent public ne seront pas concernés par cette mesure. L’option de l’arrangement à l’amiable touchera uniquement les personnes morales, à savoir les sociétés étrangères impliquées.

« L’Etat ne cèdera pas un seul dinar détourné ou un pouce de foncier », a promis Benabderrahmane, réitérant la détermination du gouvernement à poursuivre l’opération de récupération des sommes colossales détournées ces dernières années, dont une partie a été transférée à l’étranger.

A ce propos, le Premier ministre a révélé que les procédures ont été engagées auprès des Etats concernés dans le cadre des accords bilatéraux et des conventions multilatérales internationales.

En avril dernier, lors d’une entrevue télévisée avec les représentants de la presse nationale, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a évoqué l’attente des « jugements définitifs » des oligarques incarcérés et le fait que « des sociétés européennes sont impliquées et les fonds qui ont été détournés ont été investis en Europe et non en Algérie ».

Néanmoins, il a assuré que « les premiers contacts avec ces pays nous ont permis de percevoir une disposition à nous aider dans cette démarche », annonçant même de prochaines « bonnes nouvelles ».

Selon le chef de l’Etat, l’ambassadeur d’Algérie à Paris avait déjà réussi à récupérer « 44 biens immobiliers de l’Algérie, dont des appartements et des châteaux ».

C’est l’unique chiffre officiel communiqué à propos des biens détenus à l’étranger par les oligarques déchus. Même l’évaluation des montants transférés n’est pas facile à effectuer, les transferts ne se faisant pas par les voies légales.

En revanche, les autorités algériennes ont pu récupérer les biens indûment acquis et restés en Algérie. En mai dernier, et c’était peut-être la bonne nouvelle dont parlait le président un mois plus tôt, le ministère de la Justice a rend public le bilan des saisies effectuées en Algérie : 52 milliards de dinars, 213 millions de dollars et près de 2 millions d’euros, en plus de milliers de véhicules, des bateaux, des terrains, des biens immobiliers…

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