
L’affaire fait couler beaucoup d’encre en Italie. Un ressortissant algérien sans papiers a saisi la justice contre son placement dans un centre de rétention en Albanie et a obtenu gain de cause.
La présidente du Conseil, Giorgia Meloni, a exprimé sa colère contre une justice qu’elle a qualifiée de « politisée ».
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Selon les détails fournis par la presse italienne, dont le quotidien « Il Fatto Quotidiano », l’Algérien, dont l’identité n’a pas été révélée, a été d’abord placé dans un centre de réadaptation en Italie puis transféré vers le centre de rétention de Gjadri, en Albanie.
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Le gouvernement de Giorgia Meloni a opté pour le placement des demandeurs d’asile dans des centres à l’étranger et un accord dans ce sens, appelé le « pacte de Gjadri », a été signé avec l’Albanie voisine.
Le ressortissant algérien a été transféré sans aucun ordre écrit ni motivé, et le concerné a été séparé de force de sa famille et de ses enfants mineurs vivant en Italie. Aussi, les autorités italiennes lui ont menti sur sa destination jusqu’aux derniers instants avant son départ.
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« Le jugement a établi que la personne transférée a été faussement informée qu’elle serait envoyée dans un autre centre en Italie, plus précisément à Brindisi », a rapporté le même média.
Le tribunal de Rome a estimé qu’il y a eu une « négligence grave qui constitue une violation flagrante de la sphère privée et des droits de la personne » et a ordonné le retour du requérant en Italie en condamnant le ministère de l’Intérieur à lui verser une indemnité de 700 euros.
La réhabilitation d’un migrant algérien fait réagir Giorgia Meloni
Giorgia Meloni dénonce une « justice politisée » qui a donné gain de cause à un migrant algérien.
Beaucoup d’observateurs ont estimé que le jugement illustre l’échec du modèle mis en place par le gouvernement italien.
Une décision qui fait rager la première ministre d’extrême-droite. Dans une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux, Giorgia Meloni a dénoncé « un système judiciaire politisé » qui « continue d’entraver » sa politique migratoire.
Selon elle, l’Algérien réhabilité réside illégalement en Italie et a 23 condamnations à son actif, dont une pour agression sur une femme. Par le jugement qu’il a obtenu, « il ne peut être détenu dans un centre de rétention administrative ni transféré en Albanie en vue de son rapatriement », a dénoncé Meloni.
Les juges ont non seulement décidé qu’il ne serait pas expulsé, mais que le ministère de l’Intérieur devrait lui verser 700 € de dommages et intérêts pour avoir tenté d’appliquer une mesure d’expulsion, a-t-elle encore regretté.
Malgré ce revers judiciaire, Meloni ne renonce pas à sa politique migratoire. « Le gouvernement poursuivra résolument son travail pour renforcer les rapatriements et rendre plus efficaces les outils de lutte contre l’immigration irrégulière », a-t-elle assuré, expliquant que « c’est un devoir d’accueillir ceux qui en ont le droit » et que « respecter les lois italiennes est essentiel, et quiconque s’y refuse n’est pas le bienvenu en Italie. »
@giorgiameloni_ufficialeNoi continueremo a difendere sicurezza e legalità, senza arretrare.♬ audio originale – Giorgia Meloni