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Ségolène Royal aux 7 millions de Français liés à l’Algérie : « N’ayez pas peur »

A l’issue de sa visite de cinq jours à Alger, Ségolène Royal a adressé un message fort aux « sept millions » de Français liés à l’Algérie.

Ségolène Royal aux 7 millions de Français liés à l’Algérie : « N’ayez pas peur »
"N'ayez pas peur" : le message de Ségolène Royal aux 7 millions de Français liés à l'Algérie. / DR
Riyad Hamadi
Durée de lecture 3 minutes de lecture
Icon Reçue par le président Tebboune, Ségolène Royal démontre qu'Alger reste ouvert au dialogue avec Paris sur la base du respect et de la considération mutuelle.
Icon La présidente de l’association France Algérie a obtenu le transfert du journaliste français Christophe Gleizes de Tizi-Ouzou vers Koléa, facilitant les visites familiales.
Icon Depuis Alger, Ségolène Royal a adressé un message aux « 7 millions de Français liés à l'Algérie » face à l'algérophobie et met en garde Paris contre une rupture économique irréversible avec Alger.
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Ségolène Royal s’est rendue la semaine passée à Alger dans un contexte de grave crise entre l’Algérie et la France d’où elle a envoyé de nombreux messages aux chefs d’entreprises et aux sept millions de Français ayant des liens avec l’Algérie.

La présidente de l’association France-Algérie (AFA) a montré la voie susceptible d’amorcer un retour à la normale, celle du respect et de la considération. C’est le principal message qui ressort de ce déplacement qui ne laisse pas indifférent de part et d’autre de la Méditerranée.

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L’accueil réservé à Mme Royal, reçue notamment par le président de la République Abdelmadjid Tebboune et le ministre de la Justice Lotfi Boudjemaa, reflète la conduite constante de l’Algérie.

Alger a toujours pointé du doigt l’action néfaste du courant anti-algérien qui regroupe l’extrême-droite et la droite dure, les nostalgiques de l’Algérie française et les lobbyistes d’Israël et du Maroc.

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Elle a également exprimé à maintes reprises son rejet de toute injonction ou ton comminatoire. En dehors de ces préalables, la porte a été laissée ouverte au dialogue sur toutes les questions.

Cette ligne de la diplomatie algérienne est antérieure à la crise en cours qui a débuté en juillet 2024. En mai de la même année, le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan, était reçu à Alger pendant trois heures par le président Tebboune. M. Payan était précédé dans la capitale algérienne de sa réputation de défenseur d’une relation apaisée entre les deux pays.

En février 2025, dans un entretien au journal français L’Opinion, Tebboune a exprimé le même message, à savoir que ceux qui, en France, respectent l’Algérie et sa souveraineté sont les bienvenus. Il a cité Ségolène Royal justement, Jean-Pierre Chevènement, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin parmi les personnalités françaises qui ont “bonne presse” en Algérie et dans tout le monde arabe.

Ségolène Royal obtient le transfert de Christophe Gleizes

A sa sortie du bureau présidentiel, mardi 27 janvier, Ségolène Royal a indiqué que l’accueil qu’elle a trouvé à Alger prouve que ce n’est pas le président algérien qui a rompu le dialogue et que “lorsque l’on vient avec respect et considération, ce dialogue peut se poursuivre”.

Les autorités algériennes ont aussi mis à profit cette visite pour signifier qu’il n’y a pas de tabou ou de sujet qui ne puisse être évoqué entre les deux pays, pour peu que les choses soient abordées dans le respect de la souveraineté de chaque partie.

Ségolène Royal a rencontré le ministre de la Justice et a évoqué avec lui le cas du journaliste français incarcéré en Algérie Christophe Gleizes. Mme Royal a été autorisée à rendre visite au journaliste. Elle a aussi assuré avoir obtenu le changement de son lieu de détention, de la prison de Tizi-Ouzou vers celle de Koléa, près d’Alger.

« C’est un geste généreux de la part du ministre de la Justice et du président de la République que j’apprécie à sa juste valeur. Le transfert également qui va permettre des visites plus faciles pour sa famille. Christophe Gleizes mesure la générosité de ce geste », a déclaré Ségolène Royal à la journaliste Nabila Hocine, en précisant que le journaliste est « soucieux de ne pas être instrumentalisé » dans la crise franco-algérienne.

L’ancienne candidate à la présidentielle française de 2007 a assuré qu’elle ne ferait pas comme le président français Emmanuel Macron concernant la question mémorielle.

Lors de sa visite en Algérie en 2017 en tant que candidat, Emmanuel Macron a qualifié le colonialisme de crime contre l’humanité, une position qu’il a abandonné après son élection la même année.

Ségolène Royal aux Franco-algériens : « N’ayez pas peur »

« Il y a sept millions de Français qui sont liés de près ou de loin à l’Algérie. C’est beaucoup. En ce moment, ils ont peur parce que l’algérophobie et l’islamophobie sont atrocement instrumentalisés. Je leur dis n’ayez pas peur. Les choses vont s’arranger. Tenez bon, vous avez beaucoup de talents et de qualités. Nous avons besoin de votre amitié, ne nous lâchez pas », a-t-elle lancé.

Le courant anti-algérien est une fois de plus épinglé, cette fois avec le concours d’une voix qui compte sur la scène politique française.

Ségolène Royal a dénoncé les manipulations qui ont entouré la réalisation et la diffusion d’un documentaire de France 2 sur l’Algérie, et fustigé une tentative de salir les élus franco-algériens à l’approche des élections municipales en France. Bruno Retailleau est cité comme probable instigateur de cette entreprise.

Bien que sa visite soit très politique, la présidente de l’AFA est venue en Algérie à l’invitation de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI).

Dans sa vision, la fin de la crise passe le règlement du litige mémoriel et l’intensification de la coopération économique. Sur place, elle a rencontré les opérateurs algériens qui lui ont signifié un message qu’elle a promis de transmettre à son retour en France.

Les investisseurs et industriels algériens veulent travailler avec la France mais ils ne l’attendront pas indéfiniment.

Les messages d’Alger et de Ségolène Royal aux anti-algériens

“La diversification des investissements aura lieu, sans la France, et même avec un certain regret des entrepreneurs algériens qui ont envie de ce partenariat”, a déclaré Ségolène Royal dans un entretien à la télévision algérienne, mettant en garde le gouvernement français qu’ “un jour, ce sera trop tard”.

Mme Royal a assuré dans son entretien à la télévision algérienne que sa visite n’a rien à voir avec quelque volonté de sa part de se replacer sur la scène politique intérieure en France.

Toutefois, elle se retrouve malgré elle au centre des débats, saluée par les défenseurs d’une relation apaisée avec l’Algérie et fustigée par le courant anti-algérien.

Ségolène Royal a fait son grand retour au moins sur la scène médiatique, en attendant son positionnement par rapport à la présidentielle de 2027.

Mais avant tout, c’est ce message limpide et simple des autorités algériennes à la classe politique française qu’il faut retenir : venez avec respect et considération et vous serez écoutés, sur toutes les questions.

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