
Trois jours après l’événement, la vidéo continue d’être massivement relayée sur les réseaux sociaux.
En évoquant le sort des enfants à Gaza, Pep Guardiola, manager du club de football anglais de Manchester City, ne s’attendait sans doute pas à un tel élan de reconnaissance et de considération, notamment dans le monde musulman.
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Jusqu’ici, l’homme était surtout admiré, du moins dans le milieu sportif, pour ses prouesses dans le management footballistique et sa philosophie de jeu, qui ont marqué le football moderne.
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Mais, cette fois, c’est sur le terrain politique et diplomatique que l’ancien capitaine et entraîneur du FC Barcelone a frappé fort.
Lors d’un concert en soutien à la Palestine, l’entraîneur de Manchester City, Pep Guardiola, a dénoncé l’inaction du monde face à la détresse des enfants palestinien·nes. pic.twitter.com/MzqCogmHNg
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— AJ+ français (@ajplusfrancais) February 1, 2026
À rebours d’une large partie de la classe politique européenne, engluée dans une hypocrisie dénoncée par de nombreuses ONG et opinions publiques, Pep Guardiola n’a pas mâché ses mots pour désigner les « maux » d’une communauté internationale sourde à la souffrance du peuple palestinien à Gaza, victime d’une entreprise génocidaire.
En effet, malgré un cessez-le-feu entré en vigueur début octobre 2025, imposé sous pression américaine après deux années de massacres et de destructions menés par l’armée israélienne, les exactions se poursuivent au mépris du droit international et du silence sidérant de nombreuses capitales par le monde.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, 492 Palestiniens ont été tués et 1.356 blessés depuis le début du cessez-le-feu, portant le bilan global depuis octobre 2023 à plus de 71.600 morts et 171.300 blessés.
« Où êtes-vous ? Aidez-nous »
Jeudi soir à Barcelone, lors d’un concert caritatif de grande envergure en soutien à la Palestine, le célèbre entraîneur espagnol, sur un ton grave, a évoqué les enfants de Gaza et leur détresse.
« Nous les avons laissés seuls. Nous les avons abandonnés. Je les imagine tout le temps en train de dire : « Où êtes-vous ? Aidez-nous”. Et nous ne l’avons pas fait », a-t-il dit dans une séquence bouleversante, selon des propos repris par des médias étrangers.
Comme s’il était sur place, bien qu’il n’ignorât pas que les lieux étaient fermés aux journalistes et aux ONG et que la guerre menée au peuple palestinien était à « huis clos », il a décrit ces images d’enfants errants dans les décombres, cherchant leurs parents, des scènes qui, selon ses propres mots, le hantent en permanence.
Un récit qui a provoqué l’émotion dans la salle qui l’a longuement ovationné à l’issue de son intervention. Il faut dire que ce n’est pas la première fois que le Catalan s’exprime publiquement sur la Palestine, même si sa sortie de jeudi est celle qui a eu le plus grand retentissement.
En juin dernier déjà, il confiait : « Ce qui se passe à Gaza me fait souffrir physiquement. Ce n’est pas une question idéologique, c’est simplement l’amour de la vie ».
Il rappelait alors que voir « des enfants de quatre ans tués par des bombardements ou mourir dans un hôpital qui ne fonctionne plus » concerne l’humanité tout entière.
« Le monde a abandonné la Palestine »
En novembre, il allait plus loin encore, appelant le monde à ne pas détourner les yeux du « génocide » à Gaza. « Le monde a abandonné la Palestine. Nous n’avons absolument rien fait. Ce n’est pas leur faute d’être nés là-bas », s’était-il indigné.
Cette prise de parole d’une célébrité mondiale pourrait sans doute contribuer à éveiller les consciences au sein de la communauté internationale, du moins parmi les indifférents, sur le sort des Palestiniens, et en particulier celui des enfants.
Pep Guardiola rejoint ainsi d’autres figures emblématiques, à l’image de Roger Waters, ancien membre du groupe légendaire de musique « Pink Floyd » qui n’a jamais cessé de dénoncer le génocide à Gaza, même au prix d’une hostilité persistante dans plusieurs pays européens.
Le poids de la sortie de l’ex-entraîneur du Bayern Munich est tel que même la presse israélienne s’est fait l’écho de ses propos. Depuis l’instauration du cessez-le-feu, un black-out médiatique semble entourer la situation à Gaza, alors que la deuxième phase, celle de la reconstruction, n’a toujours pas commencé.
Près de 90 % des infrastructures civiles ont été détruites et les Nations unies estiment le coût de la reconstruction à environ 70 milliards de dollars.
Dans ce silence pesant, la voix de Pep Guardiola résonne comme un rappel brutal : que la situation en Palestine est une question humanitaire prioritaire. Et que les enfants palestiniens, comme leurs semblables à travers le monde, ont droit à la paix, à l’épanouissement, à la santé, à l’amour et au bonheur.