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Sortie de crise : les Forces de l’Alternatives démocratique détaillent leur vision

Sortie de crise : les Forces de l’Alternatives démocratique détaillent leur vision

Les Forces de l’Alternative démocratique, qui regroupent sept partis et la Ligue algérienne de la défense des droits de l’Homme (LADDH), appellent pour la tenue d’une Convention autour du pacte politique « pour une véritable transition démocratique » le 31 août 2019.

« Nous signataires du pacte pour l’Alternative démocratique (signé le 26 juin 2019), appelons les forces patriotiques, démocratiques et sociales, qui aspirent à faire valoir les revendications légitimes du peuple algérien et faire aboutir ses exigences révolutionnaires, à s’inscrire activement dans notre effort à entretenir l’espoir et à imposer une alternative démocratique », écrivent-elles dans une déclaration, rendue publique ce dimanche 21 juillet, lors d’une conférence de presse au siège du RCD, à Alger.

Répondant à une question sur la proposition faite dernièrement par le Forum civil pour le changement relative à une liste de personnalités nationales pouvant mener « le dialogue politique », Fethi Ghares, secrétaire général du MDS, a estimé qu’il faut apporter des réponses politiques à l’impasse politique « imposée par le régime ».

« Sans cela, nous ne serons pas à la hauteur des aspirations populaires. Nous devons d’abord nous entendre sur le principe relatif à la sortie de l’impasse actuelle. Les noms, les mécanismes, les techniques, tout cela peut être réglé lorsqu’on aura répondu à la question politique centrale qui est : est-ce qu’on va réellement vers la démocratie ou vers un lifting, autrement recycler le régime actuel d’une manière ou d’une autre ? Le peuple algérien veut la rupture à travers le yetnahaw gâa et yethasbou gâa », a-t-il tranché.

La classe politique et les élites doivent, selon lui, donner un contenu politique à ces demandes populaires.

« Ce contenu, c’est la période de transition à travers un processus constituant souverain. C’est la voie vers la démocratie, l’Etat de droit et l’Etat des institutions », a-t-il précisé.

Il a plaidé pour une justice « juste, indépendante et républicaine » qui doit être « au service de tous les Algériens ».

Dans leur déclaration, les Forces de l’Alternative démocratique ont exigé « l’arrêt immédiat du dispositif répressif et de l’instrumentalisation de la justice ».

« Les militaires doivent accompagner et garantir la transition démocratique »

Pour Ali Laskri, président de l’Instance présidentielle du FFS, les personnalités qui auront à mener la transition future doivent sortir d’un cadre consensuel.

« Ce qui se passe aujourd’hui, c’est autre chose. On propose une liste de personnalités. Pour nous, il faut débattre d’abord dans le cadre d’un dialogue ouvert et à la faveur d’un pacte consensuel entre les Algériens et entre ceux qui sont présents sur la scène politique, les syndicats, la société civile, les leaders d’opinion, les personnalités politiques, les Forces de l’alternative démocratique, les forces du changement pour trouver des solutions à la crise et créer l’espoir démocratique. La Convention nationale du 31 août va nous regrouper et répondre aux demandes des Algériens», a-t-il annoncé.

Le véritable changement passe, selon lui, par le retrait total des militaires de la scène politique. « Les militaires doivent accompagner et garantir la transition démocratique. Ce n’est pas ce qu’ils veulent aujourd’hui. Ils sont là, orientent et la feuille de route leur appartient par rapport à la présidentielle », a noté Ali Laskri.

« Concrétiser la souveraineté populaire à travers un processus de transition constituant »

Djelloul Djoudi, membre dirigeant du Parti des Travailleurs (PT), a averti, de son côté, que la tenue de l’élection présidentielle à brève échéance est une manière de « prolonger la vie du régime ».

« On ne peut pas, en tant que forces démocratiques, parler de débat, dialogue ou de recherche de solutions à la crise sans la libération des détenus d’opinion et les détenus politiques comme Louisa Hanoune, Lakhdar Bouregâa ou les jeunes manifestants qui ont brandi l’emblème amazigh. Chaque vendredi, jour de marche, Alger est quadrillé. Aujourd’hui, l’espace médiatique est fermé pour tous. Il y a une véritable répression. Pour nous, il faut concrétiser la souveraineté populaire à travers un processus de transition constituant », a plaidé Djelloul Djoudi.

Il a appelé les autres forces à rejoindre l’initiative des sept partis et de la LADDH. Zoubida Assoul, présidente de l’Union pour le changement et le progrès (UCP), a, pour sa part, dénoncé la violence imposée aux manifestants, les interpellations et les poursuites judiciaires.

« Quand vous lisez les dossiers des personnes interpellées, il n’y a aucun contenu juridique et légal. Il s’agit de poursuites politiques. Il y a une volonté de la part de certains appareils du pouvoir de casser la révolution pacifique. Le peuple veut une rupture avec le régime, la construction de l’Etat de droit et l’Etat des libertés et la justice sociale. Les solutions que nous devons proposer en tant que politiques ne doivent pas être au-dessous de ces exigences. Nos alternatives doivent permettre de réaliser le rêve des Algériens Le peuple refuse toute élection présidentielle avec le même système, les mêmes lois, les même mécanismes et les mêmes pratiques. Nous devons changer les règles du jeu démocratique et les personnes qui ont été à l’origine de la situation actuelle », a soutenu Zoubida Assoul.

Selon elle, la Convention nationale du 31 août 2019 doit être ouverte aux citoyens qui souhaitent une véritable transition démocratique et « un vrai assainissement » du pays sur les plans légal, institutionnel et opérationnel.

« Il faut défendre le droit à la différence »

Pour Mahmoud Rechidi, secrétaire général du PST (Parti socialiste des travailleurs), il n’est pas possible d’aller vers un dialogue national « à l’ombre de pratiques répressives ».

« Il faut lever toutes les entraves devant les libertés démocratiques dont la liberté d’expression, la liberté de manifester, la liberté de s’organiser, les libertés syndicales, etc. (…) il existe des divergences entre nous, mais ce qui nous rassemble est comment permettre au peuple de reconquérir sa souveraineté en toute liberté et en toute démocratie. Pour nous, l’élection présidentielle n’est pas une solution. Le problème ne réside pas dans l’absence d’une instance de contrôle des élections, mais dans la Constitution et dans le système actuel qui doivent changer. Le régime doit partir », a-t-il déclaré.

Selon Mohcine Belabbas, président du RCD, les partis qui composent les Forces de l’Alternative démocratique sont des partis traditionnels, ayant un parcours dans la vie politique et de l’influence sur la société.

« Nous avons un avantage par rapport au régime : on dialogue entre nous déjà. A l’intérieur du régime, ils n’ont pas encore réglé leur problème. On ne sait pas qui est le chef de l’Etat, par exemple. Nous sommes en train de construire des convergences. Il ne s’agit pas de dissoudre nos différences. Au contraire. Nous avons compris, avec des citoyens, qu’il n’existe pas de conditions pour une réelle pratique politique et pour l’exercice du pouvoir en Algérie. Pour nous, il faut défendre le droit à la différence. La force de l’Algérie réside dans nos différences et dans notre pluralité. Le pouvoir essaie toujours de nous diviser en exploitant ces différences, présentées comme un problème », a-t-il souligné.

Répondant à l’initiative du Forum civil sur les 13 personnalités, le président du RCD a estimé que l’appellation « personnalité nationale » pose problème.

« Qui est »personnalité nationale » et qui ne l’est pas ? Vous êtes »personnalité nationale » parce que vous avez fait partie du gouvernement ou du corps des walis ? Pour moi, »personnalité nationale » est quelqu’un qui a une vision, une position, a écrit un livre, a milité sur le terrain. Nous attendions de la société civile et des associations des visions, des idées, des propositions, pas une liste de personnes », a-t-il regretté.

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