
La riposte s’organise en France face à l’extrême-droite. La violence verbale de ce courant fait monter au créneau des personnalités d’horizons divers.
L’éventualité de l’accession du RN au pouvoir inquiète même ceux qui sont « bien installés » parmi les Français d’origine immigrée.
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Benjamin Stora et El Mouhoub Mouhoud parmi les signataires d’une tribune
Dans une tribune publiée ce lundi 5 octobre dans Le Nouvel Obs, 160 personnalités, artistes, sportifs, universitaires, avocats, médecins et autres s’élèvent contre les attaques qui ciblent des personnages qui ont osé exprimer leur inquiétude face à l’éventualité de voir la France dirigée par le Rassemblement national (RN).
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L’appel est lancé par SOS racisme. Parmi les signataires, il y a l’historien Benjamin Stora, l’universitaire El Mouhoub Mouhoud, le footballeur Lilian Thuram, l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem ou encore le comédien Smaïn.
Des « attaques immondes » contre Mbappe, Teddy Riner…
Ils déplorent d’emblée que des personnalités comme Kylian Mbappé, Teddy Riner, Paul Mirabel ou Adèle Exarchopoulos aient subi des « attaques immondes » pour avoir dit « leur inquiétude sur ce que deviendrait notre pays s’il devait être gouverné par l’extrême droite, c’est-à-dire une famille politique, dont toute l’histoire montre la volonté d’attenter à la démocratie, de brutaliser le débat public et de remettre en cause l’égalité entre toutes et tous en fonction de la nationalité, de la couleur de peau ou de la religion ».
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Les auteurs de la tribune soulignent que le journaliste de CNews Pascal Praud a annoncé qu’il « égrènerait désormais chaque jour » les noms de ceux qui prendraient position contre le RN, et que des personnalités comme Kylian Mbappé ou Teddy Riner ont été renvoyées « à des assignations identitaires qui les rendraient illégitimes à formuler des craintes face à la haine raciste qui monte ».
« Nous ne nous tairons pas »
« Nous ne nous tairons pas », écrivent les signataires, ajoutant qu’ils ne s’excuseront pas d’alerter sur « les dangers de l’extrême droite, du racisme, de l’antisémitisme, de l’islamophobie ou de la xénophobie » et qu’ils ne refuseront pas de dire leur « réprobation face à des propos qui prennent pour cibles des étrangers et promettent de leur retirer des droits ».
« Nous n’abdiquerons pas notre droit de nous exprimer lorsque des personnes prétendent chasser des femmes voilées des rues », ajoutent-ils, réitérant que nul Français « ne devrait être jugé et traité à partir de son taux de mélanine ou de la provenance de ses aïeux ».
« Ne pas laisser seuls ceux qui subissent attaques, insultes et menaces »
Se disant forts de tout ce que « la France permet de circulations des cultures », les personnalités signataires assurent qu’elles n’auront « jamais honte » de leurs origines, « qu’elles soient d’ici ou d’ailleurs » et qu’elles ne s’abstiendront pas d’affirmer que la haine raciste perçue à l’extrême droite est « une haine contre la différence et contre l’égalité ».
« Nous voulons vivre sans avoir à justifier notre nom, notre couleur de peau, notre religion (…) Nous n’avons pas envie de vivre dans la crainte, la discrétion ou le secret », lit-on encore dans l’appel, avec cette invitation à s’engager à « ne pas laisser seules celles et ceux, célèbres ou anonymes, qui subissent attaques, insultes et menaces. »