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Torture en Algérie : les aveux de Jean-Marie Le Pen

Jean-Marie Le Pen reconnaît dans le premier tome de ses Mémoires (« Fils de la nation ») que l’armée française a bien pratiqué la torture durant la guerre d’Algérie, tout en cherchant à en minimiser la violence.

« On a parlé de torture. On a flétri ceux qui l’avaient pratiquée. Il serait bon de définir le mot. Qu’est-ce que la torture ? Où commence, où finit-elle ? Tordre un bras, est-ce torturer ? Et mettre la tête dans un seau d’eau ? L’armée française revenait d’Indochine. Là-bas, elle avait vu des violences horribles qui passent l’imagination et font paraître l’arrachage d’un ongle pour presque humain. (…) Cette horreur, notre mission était d’y mettre fin. Alors, oui, l’armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les moyens qu’elle y employa furent les moins violents possible. Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation, rien qui touche à l’intégrité physique », écrit-il dans son livre qui paraîtra le 1er mars prochain, mais dont le journal Le Parisien – Aujourd’hui en France a dévoilé ce mercredi 20 février et en exclusivité des extraits.

L’ex-para durant la guerre d’Algérie poursuit en ces mots : « Il est plus que ridicule, il est pervers, il est profondément immoral, de jeter l’opprobre sur des hommes qui ont le courage d’utiliser sur ordre, pour obtenir le renseignement qui sauvera des civils, des méthodes brutales qui leur pèsent, qui leur coûtent ».

Il dénonce « une machination politique » contre ceux qui l’accuseront en 1985 d’avoir été un tortionnaire durant la guerre.  « Ni moi, ni mes camarades n’étions nullement chargés des interrogatoires spéciaux. (…) C’est du bidon, évidemment du bidon, qui ne résiste pas à la plus rapide des analyses », affirme-t-il.

S’exprimant tour à tour sur le maréchal Pétain, qui selon lui « a manqué d’honneur » face aux Allemands, sur la manière dont il a perdu un œil – « un simple accident » – ou sur sa fille Marine, avec qui il est en froid, le fondateur du Front National (parti indéboulonnable de l’extrême-droite française) fustige dans ses Mémoires le général de Gaulle, dont il estime qu’il a « trahi » l’Algérie française.

« De Gaulle reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France. (…) « En apparence il y a deux de Gaulle, le rebelle de 1940 et le chasseur de rebelles de 1961. Mais tous les deux, ensemble, forment pour moi un faux grand homme dont le destin fut d’aider la France à devenir petite ».

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