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Une marche anti-vote dispersée par la police à Alger

Une marche anti-vote dispersée par la police à Alger

Une manifestation de plusieurs milliers de personnes hostiles à l’élection du 12 décembre a été violemment dispersée, ce mercredi veille de vote, à Alger, par les forces de sécurité déployées en nombre impressionnant.

Les citoyens venus des quatre coins de la capitale rejoints par des étudiants ont réitéré leur rejet de la présidentielle de ce jeudi en scandant « had el 3am makach el vote (cette année il n’y a pas de vote) », ou encore « Je ne voterai pas contre ma patrie ».

La procession s’est ébranlée vers 10h des alentours de Belouizdad parcourant la Place du 1er Mai avant de se diriger vers la place Maurice Audin et la Grande poste. Ceinturés par un dispositif policier conséquent, les manifestants ont dénoncé ce qu’ils ont appelé « la mascarade électorale ».


Plus les minutes passaient, plus la foule grossissait à vue d’œil avec des centaines de citoyens rejoignant leurs compatriotes tenus en respect par un bouclier antiémeute à quelques mètres de la place de la Grande Poste. Les policiers tentent d’intimider la foule en les poussant mais les manifestants dont une grande partie d’étudiants appellent au calme et à ne pas répondre à la « provocation ». « Asseyez-vous, asseyez-vous » enjoignent à leurs camarades les manifestants qui sont aux avant-postes.


La foule impressionnante s’est exécutée et s’est mise par terre. Mais les policiers continuent de pousser, suscitant des cris de désapprobation de citoyens qui expliquent qu’ils sont pacifiques. Une équipe de France Télévisions filment les scènes. Un vieil homme insiste pour prendre la parole.

À un moment donné, les policiers antiémeute se sont retrouvés pris en sandwich entre deux groupes de manifestants. Bientôt, les renforts arrivent et les manifestants sont « fractionnés » en groupes. Ce qui n’empêche pas les manifestants de continuer à crier leur colère et appeler à ne pas voter demain jeudi. Les 5 candidats à la présidentielle ont été violemment chargés par les manifestants. « Djaboulna khamssa diaba, w h’na goulna makach el vote », lancent des manifestants.


Les policiers tentent un passage en force et ne tardent pas à réprimer la marche alors que les manifestants courent dans tous les sens. Prise d’un malaise, une dame est vite prise en charge par des manifestants avant que les jeunes secouristes, reconnaissables à leurs chasubles orange, ne prennent la relève. Un peu plus loin, une ambulance démarre en trombe, un citoyen croit savoir qu’il s’agit d’un ou d’une manifestant(e) blessé(e).


Bientôt, une équipe de la Télévision espagnole arrive pour prendre des images de la marche et interviewer des manifestants. Les deux journalistes venus couvrir ont eu quelques difficultés à effectuer leur travail après qu’un policier leur ait signifié qu’ils ne devaient pas filmer les marches. « Vous avez une accréditation pour couvrir le vote », leur a-t-il expliqué. Après avoir protesté, les journalistes espagnols ont pu poursuivre leur travail. La foule compacte du début est à présent divisée en plusieurs groupes.


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