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Une présidentielle jumelée à une constituante : une nouvelle idée qui fait son chemin

Une présidentielle jumelée à une constituante : une nouvelle idée qui fait son chemin

Le hirak populaire a entamé, vendredi 23 août, son septième mois, avec de nouvelles marches à travers de nombreuses wilayas. Malgré un recul de la mobilisation durant l’été, dû notamment à la période de congés et à la chaleur, le mouvement populaire ne montre pas de signes d’essoufflement. Beaucoup s’attendent à un regain de mobilisation à la rentrée, voire même à un durcissement du mouvement.

Sur le plan politique, chacun campe sur ses positions. Le pouvoir veut aller rapidement vers une élection présidentielle. C’est le prochain président élu qui aura la tâche de mener toutes les réformes, expliquent les prometteurs de ce projet. Une Instance de dialogue a été mise en place pour tenter de faire aboutir ce projet. Mais elle avance laborieusement. Elle est rejetée par le hirak et une grande partie de l’opposition.

Pour une partie de l’opposition et du mouvement populaire, la solution passe par des mesures d’apaisement et des garanties de transparence du prochain scrutin. Mais le pouvoir n’a apporté aucune réponse sérieuse à ces demandes. L’autre partie exige une période de transition, avec une assemblée constituante. Ce que le pouvoir rejette de toutes ses forces, affirmant qu’un tel processus est porteur de dangers.

Dans ce contexte de blocage, une nouvelle idée a émergé. Elle ressemble à un compromis entre les différentes positions : une élection présidentielle et une constituante en même temps.

« Le compromis consisterait pour le Mouvement populaire à accepter la revendication principale de l’état-major, à savoir la tenue de l’élection présidentielle à court terme (dans les six mois), mais avec des conditions et pour l’état-major d’accepter une transition avec, à la clé, une assemblée constituante souveraine », écrit Raouf Boucekkine, professeur des universités, directeur de l’Institut d’Études Avancées d’Aix-Marseille, dans une contribution publiée jeudi sur TSA. « Si cette proposition est acceptée par les deux parties, il s’agirait là d’un véritable compromis historique pour un changement pacifique et ordonné », ajoute l’expert algérien.

« Aucun dialogue ne sera nécessaire. Il n’y aura pas de vide constitutionnel à aucun moment et pas de nécessité de désigner des personnes cooptées pour diriger la transition.

Dans le détail, le futur président élu, serait un président de transition, avec un mandat écourté à 2 ans et demi. Une telle option constituerait à n’en pas douter une première rupture dans le système. Au terme de la première année du mandat serait élue une assemblée constituante souveraine, dotée également d’un pouvoir législatif. L’assemblée constituante disposerait alors d’un délai d’une année environ pour préparer un projet de constitution qui serait soumis au peuple par voie référendaire. Pour rester dans un cadre constitutionnel, ce compromis pourrait être annexé au programme présidentiel et adopté par le biais de l’élection présidentielle. Ce compromis historique n’est au fond que la traduction concrète de la communion du peuple avec son armée (« djeich chaab, khaoua khaoua ») et de la revendication d’un État civil et non militaire (« daoula madaniya machi 3skariya ») », détaille-t-il.

Le même jour, Sofiane Djilali, président de Jil Jadid, émettait une proposition similaire après sa rencontre avec Karim Younes, coordinateur de l’Instance de dialogue.

« Jil Jadid réitère sa proposition de jumeler l’élection présidentielle avec un processus constituant ouvrant la voie à un référendum populaire sur la loi fondamentale. La révolution citoyenne des Algériens deviendra dès lors un modèle de réussite dans le monde », expliquait Jil Jadid dans un communiqué.

Ce samedi, Abdesselam Ali Rachedi, ex-ministre du gouvernement Hamrouche, et ancien cadre du FFS, va dans le même sens. Il propose « une feuille de route pour un compromis historique entre le Pouvoir et le Mouvement populaire », avec comme idée principale une présidentielle couplée à une constituante.

« Le compromis consisterait pour le Mouvement populaire à accepter la revendication principale de l’état-major, à savoir la tenue de l’élection présidentielle à court terme (dans les six mois), mais avec des conditions et pour l’état-major d’accepter une transition avec, à la clé, une assemblée constituante souveraine », écrit-il sur sa page Facebook.

« Si cette proposition est acceptée par les deux parties, il s’agirait là d’un véritable compromis historique pour un changement pacifique et ordonné.

Aucun dialogue ne sera nécessaire. Il n’y aura pas de vide constitutionnel à aucun moment et pas de nécessité de désigner des personnes cooptées pour diriger la transition.

Dans le détail, le futur président élu, serait un président de transition, avec un mandat écourté à 2 ans et demi. Une telle option constituerait à n’en pas douter une première rupture dans le système. Au terme de la première année du mandat serait élue une assemblée constituante souveraine, dotée également d’un pouvoir législatif. L’assemblée constituante disposerait alors d’un délai d’une année environ pour préparer un projet de constitution qui serait soumis au peuple par voie référendaire. Pour rester dans un cadre constitutionnel, ce compromis pourrait être annexé au programme présidentiel et adopté par le biais de l’élection présidentielle. Ce compromis historique n’est au fond que la traduction concrète de la communion du peuple avec son armée (« djeich chaab, khaoua khaoua ») et de la revendication d’un État civil et non militaire (« daoula madaniya machi 3skariya ») », détaille-t-il.

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