Sport

Vente des billets Algérie-Cameroun : des défaillances à la pelle

Les images ont fait le tour du Web algérien et certainement même à l’étranger. Des dizaines de milliers de supporters de l’équipe nationale de football ont pris d’assaut les guichets du stade Mustapha-Tchaker de Blida dans l’espoir d’acquérir un ticket pour assister au match face au Cameroun, ce mardi 29 mars.

Les Verts sont revenus avec une victoire (0-1) de Douala pour le compte de la manche aller de ce barrage africain des qualifications pour le mondial 2022 et ne sont plus qu’à 90 minutes d’une cinquième participation au tournoi le plus prestigieux de la planète. L’enthousiasme est donc logiquement plus grand chez les supporters.

| LIRE AUSSI : VIDEO. Algérie-Cameroun : un « Spiderman » à Tchaker

Beaucoup d’entre eux sont venus des quatre coins du pays et ont passé la nuit sur place. Des bousculades ont eu lieu devant les guichets et nécessité l’intervention des forces de l’ordre. Les images sont impressionnantes.

Cela démontre l’attachement du public algérien à son équipe nationale, mais dévoile d’un autre côté beaucoup de défaillances et de retards dans la gestion du football algérien.

| LIRE AUSSI : Victoire des Verts au Cameroun : le double coup de génie de Belmadi

D’abord beaucoup, à l’étranger notamment, ne comprendraient pas qu’à l’ère de la numérisation, on continue à vendre les tickets pour un match de football, tous les tickets, au guichet.

Pour ne pas citer ce qui se fait en Europe, l’Égypte a vendu une grande partie des places pour les matchs de la CAN 2019 par Internet. Il est vrai que ce retard dans la numérisation ainsi que dans le commerce et le paiement électroniques ne concerne pas que le football et touche tous les secteurs en Algérie. Incompréhensiblement, l’Algérie est toujours à la traîne en la matière.

Des aberrations à la pelle

En Algérie, les supporters continuent à se bousculer pour acquérir un ticket et doivent encore le faire pour accéder au stade. Les jeunes supporters qui ont fait des centaines de kilomètres ont dû vivre un véritable calvaire.

Et pour ceux qui ont de « la chance », le calvaire se poursuivra jusqu’à leur retour chez eux, après le match. Car même avec un ticket en main, il faut prendre sa place dans les tribunes dès la matinée et patienter toute la journée sous la pluie ou le soleil jusqu’au début du match dans la soirée.

Cela aussi est une spécificité algérienne. Le phénomène se répète à chaque match de l’équipe nationale ou une rencontre importante des compétitions locales. Les instances dirigeantes du football algérien ne sont pas tenues d’innover. Elles sont juste appelées à reproduire ce qui se fait ailleurs. Vendre un billet sur Internet, de stade, d’avion ou de cinéma, est aujourd’hui d’une facilité infantile même dans des pays qui n’ont ni la taille ni les moyens de l’Algérie.

Les responsables de la Fédération algérienne de football (FAF) doivent aussi sérieusement songer à domicilier l’équipe nationale dans un stade qui sied à son statut. Que le stade de Blida, d’une capacité d’environ 20 000 places, soit choisi pour suppléer pendant un match ou deux le 5-juillet d’Alger le temps que celui-ci subisse des travaux, cela est compréhensible.

Ce qui ne l’est pas en revanche, c’est lorsque le petit stade Tchaker devienne le stade premier des Verts pendant plus d’une décennie. Si c’est par fétichisme ou superstition, il est temps de faire les choses plus sérieusement.

L’équipe nationale doit jouer au stade du 5-Juillet ou dans un autre grand stade, à Constantine, Annaba ou Oran, en attendant l’achèvement des nombreuses autres enceintes en construction. Il est inconcevable de priver à chaque fois 20 ou 30 000 supporters supplémentaires d’assister aux matchs de l’équipe nationale et de causer du coup un énorme manque à gagner à la trésorerie de la fédération.

Un manque à gagner aggravé par les tarifs dérisoires (500 dinars) appliqués pour les tickets des matchs des Verts. L’équipe d’Algérie est sans doute l’une des dernières sélections au monde qu’il est encore possible de voir jouer en déboursant à peine plus de 2 euros.

Les plus lus