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Victoire de Mamdani à New-York : la France pourra-t-elle suivre l’exemple américain ?

L’élection de Zohran Mamdani comme premier maire musulman de New-York redonne de l’espoir aux musulmans de France dans un contexte de montée de l’islamophobie.

Victoire de Mamdani à New-York : la France pourra-t-elle suivre l’exemple américain ?
Avec l’élection de Zohran Mamdani, New-York redonne l’espoir aux musulmans de France. / Source : Adobe Stock pour TSA
Rafik Tadjer
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L’élection de Zohran Mamdani comme maire de New-York est évidemment vue par les musulmans de France sous l’angle de la place qui leur est faite à eux dans la sphère politique dans leur pays, et plus globalement aux Français issus de l’immigration africaine, dans un contexte de montée de l’islamophobie.

Avec une interrogation qui fuse soudain : la France pourra-t-elle un jour confier les rênes d’une grande ville à un maire musulman d’origine immigrée ?

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Zohran Mamdani est élu alors que les États-Unis semblaient, avec le retour de Donald Trump au pouvoir, définitivement acquis à l’extrémisme et au rejet de l’autre.

New York élit son premier maire musulman

La France n’est pas dans une telle situation au sommet de l’Etat, mais l’extrémisme monte inexorablement et le sentiment anti-musulman se renforce jour après jour.

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C’est pourquoi la victoire mardi 4 novembre à New-York du jeune démocrate musulman d’origine indienne est perçue par certaines voix représentatives des musulmans de France comme une lueur d’espoir.

“L’histoire retiendra moins le résultat que le symbole : l’ascension d’un homme dont le nom, l’origine, la croyance et le verbe auraient suffi, ailleurs, à le marginaliser”, écrit Chems-Eddine Hafiz, le recteur de la Grande mosquée de Paris, dans son billet périodique intitulé « Le souffle de New York : le phénomène Zohran Mamdani et le miroir français », publié mercredi sur le site internet de la GMP.

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“Ailleurs”, renvoie d’abord à la France d’aujourd’hui. Pour Hafiz, l’élection de Mamdani est plus qu’une “alternance politique”. C’est une “mutation culturelle” et “un déplacement du centre de gravité moral” des États-Unis, car le jeune maire “n’a pas trahi ses origines”, mais il “les a transfigurées”, “n’a pas caché sa foi ; il l’a élevée au rang de conscience éthique”.

Chems-Eddine Hafiz : “Mamdani, une épreuve française” 

Le recteur de la plus importante institution musulmane de France estime que réduire Zohran Mamdani à son islam serait “commettre la même faute que celle dont une part de la France s’est rendue complice à l’égard de ses propres enfants”, car, poursuit-il, l’islam de Mamdani “n’est pas celui des barricades ou des anathèmes”, mais “un islam de service, de parole donnée, de justice vécue”.

“Combien d’âmes semblables, en France, se taisent par crainte d’être mal nommées ? Combien d’intelligences religieuses ou métissées sont tenues hors du débat public ?”, s’interroge Chems-Eddine Hafiz.

Celui-ci va plus loin et décrète que l’élection de Mamdani n’est pas “une anecdote américaine” mais “une épreuve française”. “Elle nous pose cette question simple et brûlante : quand cesserons-nous de demander aux croyants d’être invisibles pour être crédibles ?”.

Karim Zéribi : « un jour viendra… »

Karim Zeribi s’interroge pour sa part quand est-ce que la France franchira le pas et confiera son destin à un de ses citoyens musulmans ou d’origine africaine. L’ancien député européen semble y croire et “peut-être plus vite qu’on ne le pense”.

“Un jour viendra où un enfant issu de l’immigration maghrébine, africaine, subsaharienne — musulman ou pas – pourra incarner la nation, pas sur un terrain de foot, pas sur une scène musicale, mais au sommet de l’État”, a écrit Zeribi sur LinkedIn.

Car si, aujourd’hui encore, certains “rétrécissent” et “rapetissent” le pays qu’ils “figent dans la nostalgie d’une France qui n’a peut-être jamais existé”, l’homme politique d’origine algérienne rappelle que “le vent tourne” et, un jour, quelqu’un “fera voler en éclats” ce “plafond de verre politico-médiatique”, “peut-être plus vite qu’on ne le pense”. “Il y a du charisme, du fond, de la compétence, de la vision”, assure-t-il.

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